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Garçons, Une fois de plus, nous revoilà à flot !

Samedi 04 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Nous quittons donc enfin Niteroi, sous un temps clair et un vent léger. La sortie de la baie permet un dernier coup d’oeil vers Rio, le Corcovado, le Pao de Azucar, la vieille ville, les quartiers lapa, gloria, l’aéroport du centre, les plages de l’intérieur botafogo, flamengo et urca puis c’est le passage entre les plages de Copacabana, d’ipanema et l’archipel au large.

Nous partons vers Ilha Grande au sud avec à bord Nicolas et Guillaume bien sûr  mais aussi Stanislas qui nous a rejoint début décembre malgré nos mésaventures et Edison qui nous avait tant aidé à Saquarema.

Je ne souhaitais pas enchaîner les parenthèses, j’ai donc retardé mes remerciements à ce premier jour, promis je serais bref

Merci d d’abord aux brésiliens

Luiz-Carlos qui nous a fait relevé la tête grâce à son énergie et son café 

Edison qui nous a accompagné, supporté, accueilli 

Les squatteurs du lodge abandonné de Saquarema qui m’ont rappelé qu’il y a beaucoup plus grave que de la casse matériel pendant des loisirs

Un immense merci à Stan, qu’on a vu débarquer sur notre plage camping-galère avec des saucissons, du chocolat et surtout sa bonne humeur. Ce n’était pas les vacances prévues mais tu nous as régalé!

Enfin merci à papa et maman, premiers au courant, vous nous avez soutenu à distance d’abord, puis vous êtes venu donner de votre temps pour nous aidera réparer notre bateau. Merci pour votre présence à nos côtés et du travail que vous avez fourni (et merci à mes sœurs d’avoir accepté qu’on les vole pour Noel)

 Dimanche 05 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Après une nuit au moteur, nous arrivons à 5h du matin et mouillons l’ancre dans la baie des palmiers (très spécifique comme nom) à Ilha Grande, Nicolas demande déjà à repartir mais ce sera petit somme et excursion à terre dans la matinée. On part Nico, Stan et moi en courant et chose rare on fait même demi-tour devant un passage qui nous semblait limite! On rejoint Guillaume et Edison sur la plage. Danse la baie, des barques débarquent des groupes de jeunes filles en vacances. Devant tant de tentations, nous remontons vite sur notre bateau! L’antarctique nous attend… bon ce sera d’abord le frère  de Nicolas sur une plage à côté de Paraty.

Lundi 06 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Le matin, grâce  à un petit coup de moteur, nous arrivons à une marina à côté de Paraty. On manque de repartir aussi sec, c’est 70 euros juste pour la journée… finalement on peut négocier, ce sera gratuit jusqu’à 14h, il est 11h faut pas trainer! On expédie visite de la ville, adieu à Edison, formalités de départ et courses dans le temps imparti! Puis on mouille un peu plus loin car nous avons rencontré Bertrand un français qui a apparemment un pilote pour nous (pas suffisamment puissant et réactif mais mieux que rien). Nicolas expérimente la technique du point d’ancrage dans la négociation et réussit à obtenir un super prix 50 euros!

Dans la soirée, nous repartons tous les 4 vers Rio Grande do Sud.

Mardi 07 janvier 24°12.2S 44°27.9W

La nuit et matinée se passent entièrement au moteur par manque de vent. Puis Guillaume entends un bruit bizarre et on constate une fumée blanche. On arrête tout, on inspecte le moteur, on voit rien. Le vent s’est levé, on envoie le spi et on passe une super après-midi de glisse au soleil. On se dit que le moteur était chaud et qu’il avait juste besoin d’une pause.

Mercredi 08 janvier 26°09.6S 45°59.7W

Nous naviguons avec des quarts de 2h où nous sommes à tour de rôle responsable du bateau. Si la journée il est rare de faire un quart seul, la nuit il n’y a que vous le bateau et la mer. En conséquence, on aura tous vécu cette nuit différemment, un passage d’orage ou un ciel dégagé, du vent ou pas, qui vient du nord ou du sud. Cette nuit fût fort changeante.

Au matin, au moment de donner la barre à Guillaume, c’est la pétole, nous décidons de mettre le moteur. Très vite l’alarme de température moteur retentit, on coupe le moteur, on ouvre le capot, verdict la courroie de l’alternateur est cassée! On a bien sûr 3 courroies en remplacement mais pas pour celle-ci. On ne peut plus utiliser le moteur car cette courroie entraîne aussi la pompe du circuit de refroidissement…

Impossible d’aller jusqu’à Rio Grande, le port est au bout d’un long chenal étroit et surtout avec beaucoup de trafic.

On se déroute vers Florianopolis qui est plus proche et plus accessible.

Je ressens une vraie lassitude du fait de ces problèmes à répétition.  Comme avant le naufrage, la charge mentale pèse, et je mouline. d’où vient le problème, est ce  que je l’ai provoqué? Comment j’aurai pu l’anticiper ou prévoir la réparation ? La courroie datait de 2005, mais je l’avais remise en place il y a 4 jours. Nous n’avions pas fait de contrôle visuel sur les courroies depuis Port Saint Louis du Rhone, nous avions de quoi remplacer les deux autres courroies et pas celle-ci…  »il n’y a que ceux qui font rien qui ne casse rien » dit le proverbe, parfois mon côté petit gibus ressort  »si j’avais su, je serais pas venu »

Jeudi 09 janvier 27°19.3S 47°25.6W

Au matin, sous l’impulsion de Nico, du vent léger et de notre allure très abattue nous pousse à tester le spi seul, la grand-voile restant tranquillement sur la bombe. Ca glisse doucement sans bruit. Puis le vent forcit et tourne on se retrouve au travers en limite du spi mais c’est rapide. Cela ne manque pas, l’apéro servi distrait le barreur et on part au lof! Sans grand-voile pour le deventer, le spi ne se laisse pas affaler facilement. A la nuit tombée, nous repartons sous grand-voile et génois.

Vendredi 10 janvier 

On arrive en face des plages de Florianopolis (l’équivalent brésilien de Saint Tropez) vers 2h du matin. Oui les arrivées de nuit deviennent notre marque de fabrique!

On essaie d’un côté mais une conversation s’engage à la VHF, nous sommes sur le chemin du dragueur… gentiment ce dernier nous pousse de l’autre côté de l’île. Sans sondeur, dans la nuit on mouille au juge et on ne lésine pas sur la longueur de chaîne. Même si on doit la ramener à la main, on est tous content de faire travailler nos muscles. Certains à bord sont même en objectif  »prise de masse ». Au matin on voit la marina et environ 20 bateaux au mouillage entre nous et la plage, on avait pris une grosse marge de sécurité et on avait bien fait, aucun n’avait de feu de mouillage ! On appelle la marina qui après une tentative en anglais nous passe un français Jérome! A l’aide de ce dernier, on a le droit à une bouée gratuite pour la journée, il nous trouve aussi le meilleur mécanicien du coin. Grâce  à lui, cette halte fût bien efficace, à 17h la famille est rassurée, les courses sont faites, la courroie changée. On repart, on tire deux grands bord pour sortir de la baie, puis on ouvre les voiles vers Rio Grande!

Samedi 11 janvier 28°27.5S 48°29.8W

Une journée sans problème youpee! Enfin juste notre pompe à eau de mer (pour la vaisselle et la cuisson) fuit, rien de grave j’esponge comme dirait Jacouille et ferme la vanne on fera sans. Guillaume répare quelques charnières mais nombre de nos placards se ferment en les coinçant avec des élastiques… Nous croisons un énorme navire de croisière probablement de Buenos Aires  à Rio, malgré les 4 garçons dans le vent a notre bord, nous ne recevons aucun signe de reconnaissance. La prochaine fois on fera comme une équipe de rugby en déplacement, cela attirera peut-être plus l’attention.

Après le dîner, alors que chacun s’occupe avant son coucher, le téléphone sonne! L’excitation s’empare de tous! Cette sonnerie indique que quelque chose a mordu notre appât. On a investi dans une super canne à pêche, alors on l’utilise mais avec peu de succès donc on en parle pas beaucoup. C’est une magnifique dorade coryphene, plus grande que la précédente elle semble aussi plus chamarré. Nicolas s’attèle  à la canne, mouline, lâché du fil, re mouline etc. Il s’agit de fatiguer l’animal. Cependant alors qu’il reste 10m de fil à remonter, la dorade connaît un regain d’énergie elle saute et exécute une vrille puis un autre saut et un autre salto. Au troisième saut, la ligne se détend d’un coup, elle s’est libérée ! On oscille entre la déception d’avoir manqué cette belle prise et le contentement de ne pas avoir tué le meilleur espoir doradien pour la médaille en gymnastique aquatique. Finalement  on avait bien dîné ! 

Dimanche 12 janvier 30°01.4S 49°57.4W

Nous naviguons au près dans un vent léger  et surtout sans vagues. C’est calme, facile et agréable. Nous bloquons la barre avec un élastique et un bout, cela remplace notre pilote. Nous croisons des trains de chalutiers qui se suivent, il faut bien choisir son passage! Et pour la première fois au Brésil, j’aperçois des éoliennes!  Un, deux puis dans la nuit un troisième champ, les longues plages que nous longeons doivent bien s’y prêter. 

Comme hier, après dîner, le téléphone retentit à nouveau mais ce n’est pas un dorade, un cousin du bar peut-être ? On le remonte sans difficulté et on le dévore dans la foulée. 

Dans la nuit sans vent, nous avons démarré le moteur. Vers la fin de mon quart, soudain il monte dans les tours puis redescend. C’est le signe qu’il a finit son réservoir, vite je bondis pour l’arrêter mais pas suffisamment rapidement … à 3h du matin, je sors donc les jerricans des coffres arrières et je fais le plein, puis avec Guillaume on démonte le capot moteur et on purge l’air du moteur. Seulement on le fait que sur un des 3 injecteurs,cela reste donc assez inefficace, le moteur ne démarre pas. Une fois que tout le monde est réveillé, la solution émerge et malgré un bruit étrange du démarreur, c’est reparti! Super la nuit ….

4 réponses sur « Garçons, Une fois de plus, nous revoilà à flot ! »

chers garçons
Je viens de reprendre votre récit à l’atterrissage sur la belle plage de sable..Dans votre malheur vous avez eu de la chance de pouvoir remettre le bateau en état aussi rapidement
Je vous souhaite de poursuivre votre croisière dans de bonnes conditions
Je vous signale qu’un de mes ancien équipier fait lui aussi un tour de monde et qu’il est à l’entré du Pacific après coupé par la Patagonie
son site mail la marguerite.ovh
Grace à vous je viens d’avoir une longue conversation téléphonique avec votre Père
très amicalement

Bonjour,
Merci de vos encouragements! Je vais aller voir le site de votre ami, merci c’est toujours utile d’échanger avec d’autres navigateurs!
A bientot,
Hubert

Petite astuce de l’ancien temps. Le meilleur dépannage de courroie non crantée est le bas de femme: solide, réglable en longueur à volonté, s’adapte à toutes les gorges de poulies.
Mais maintenant, ça ne sert à rien d’avoir une femme à bord (dans ce but) elles ne portent plus de bas.
Je vois que cette odyssée fait de vous des techniciens hors pairs dans toutes les disciplines et accessoirement des navigateurs.
Bonne continuation,
Antoine

félicitations aux nouveaux Caphornier Vous voila membres d’un club très exceptionnel J’espère que vous pourrez poursuivre votre projet. mon jeune ami est confiné… aux Marquises Votre reportage dans Voiles et V était parfait

Mikael

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