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Chapitre I

  • Achat du bateau

Ca fait un bout de temps qu’on en parle, depuis 2014 à Paris. Dans un groupe d’amis de Parisiens, on est 3 à aimer la voile. Hubert, Burger et moi. Burger vient de se faire virer, moi je prendrais bien l’air, mais pour Hubert ce n’est pas le moment. Juillet 2018, mariage d’amis, on en reparle, Hubert est chaud, alors moi aussi. Burger est devenu papa, alors bon, pour lui c’est terminé. 

Hubert est très très chaud, c’est l’élément moteur. En Août déjà il a repéré des voiliers et commencé des visites en Bretagne. En septembre on construit un tableau excel (Hubert est très trés tableau excel) et on se donne rendez-vous tous les mardis en visioconférence (avec Burger qui nous aide à chercher, ca fait plaisir, et un quatrième, Buchette qui aime nous regarder débattre). On cherche un voilier type grand voyage car on rêve d’un grand voyage, mais on ratisse large. Ma première tournée commence par un voilier un peu cher, pas en alu, pas équipé grand voyage et construction amateur, tout ce qu’on ne veut pas. Mais il est beau et racé. Moi la vitesse ne me paraît pas être primordiale contrairement à Hubert, mais le vendeur est à Port Saint Louis du Rhône (PSL pour la suite) place forte du voilier d’occasion. Direct, il fait envie, il est rouge avec un pont blanc, la peinture est neuve, les formes sont superbes, l’intérieur spartiate mais accueillant. Le vendeur nous vante ses qualités de construction et d’entretien. Je suis conquis. Hubert va le visiter, on est conquis. Il reste cher, on négocie, le prix devient acceptable. Accord de principe, expertise, virement. C’est dans la boîte. On est drôlement content, et beaucoup moins riche. Mais il faut un nom. On n’a pas d’inspiration. On veut un truc en rouge. Je m’oppose à “Rackham le rouge”, car l’idée d’imaginer Pujadas annoncer que “le voilier Rackham s’est fait attaqué par des pirates” au JT me fait honte. J’avais Ravanel le rouge, l’alpiniste, mais ca ne parle qu’à moi. Alors début novembre c’est un peu la panique au moment de signer les papiers, et on tranche: ça sera “Code Rouge”. Ça y est, on est propriétaire. 

“Les deux plus beau jour d’un propriétaire de bateau, c’est le jour de l’achat et celui de la revente” 

  • Préparation

Le bateau est prêt å naviguer, on se programme une semaine de vacances début décembre. Yogi l’ancien propriétaire est d’accord pour venir une journée. C’est sympa, et ça nous rassure aussi: ça prouve qu’il n’a rien à cacher et qu’il aime son bateau. Entre temps on cherche parmis nos amis deux coéquipiers pour nous accompagner sur le grand voyage. Ca ne court pas les rues, mais Guillaume, le frère de Hubert est motivé bien que n’ayant presque jamais navigué. Ce sera notre benjamin avec ses 26 ans, car le dernier c’est Quentin, pote de promo d’Hubert, trentenaire aussi donc. Il a les cheuveux long et nous met une bonne tête, le bateau est bas de plafond mais il fera avec. La croisière commence donc à merveille avec un super bord sous spi à 9 noeuds. On pose Yogi chez lui à La Ciotat après une autre journée ensemble pendant laquelle il a prit le temps de nous montrer ses photos de jeunesse Allemande rock and roll des années 80. La cinquantaine, un accent allemand et 10 vies en une, il est attachant et sacrément expérimenté, ca nous rassure bien. Mais sans lui les emmerdes commencent. Les ballastes ne marche déjà plus alors que la veille on a eu aucun souci avec lui. Sur une prise de ris on met un coup de moteur, et hop! on coince une drisse dans l’hélice. Rien de cassé mais une belle frayeur de tout arracher.

On pose le bateau à Gruissan. On se fait des we travaux avec Hubert, mais c’est l’hiver et on veut aussi profiter de la neige. D’ailleurs Hubert s’est acheté des skis de rando, et on se dit qu’on pourrait les prendre car on prévoit de passer en Patagonie l’été prochain. On y croyait encore, naïfs et pleins d’espoirs. Il y a pas grand chose à faire : ça n’avance pas vite. En même temps sur un we on a pas beaucoup de temps et à Gruissan il y a toujours trop de vent (même couper une planche devient une mission), ouais et puis aussi on n’y connait rien. En fait on n’a jamais bricolé sur des voiliers et d’ailleurs pas beaucoup de façon générale.

L’assureur que l’on trouve nous demande de changer le gréement si on veut du tout risque. Ca peut valoir la peine, allez !! on sera plus serein. Le devis le moins cher c’est Benoit a PSL qu’on avait déjà rencontré, alors c’est parti pour le changement de gréément. Début Avril c’est la fin du boulot et on amène le bateau chez Benoit.

Faut s’imaginer PSL: des usines désaffectées partout, la camargue, des port hors d’eau avec des bateau hors d’âge. Nous on sera sur le quai de Benoît, dans la zone industrielle, au milieu des pêcheurs. Le gréement a un peu de retard, un mois. Et puis quand il arrive, il n’est pas à  la bonne dimension, et il nous faut le renvoyer. Mais il revient enfin et on le monte sur le mât grâce à une grue vieillissante (archaïque?), et en vissant on réalise que c’est toujours pas bon. Voila. Et cette petite danse 3 fois…

On arrive mi juin. C’est bien on a eu le temps de bricoler, de faire des conneries, de les réparer, et de se rendre compte que tout ça prenait plus de temps qu’on avait pu l’imaginer. Ne pas naviguer à PSL, à 4, dans 10 m², avec les moustiques, les arabies (c’est des moucherons qui mordent)… c’est pas facile tous les jours (quelques prises de tête pour s’apprivoiser et décider du trajet) Mais on s’est fait des bons amis, des bonnes virées festives à Marseille et Montpellier et du Kite. La-dessus Quentin et Hubert ils touchent (quand on y connait rien ca impressionne du moins), moi je m’y suis mis (ca veut surtout dire que je me suis ruiné en matos, entre ça et les achats pour le voilier, jamais l’alpinisme ne m’a parut un sport si bon marché). Guillaume lui s’est mis au basket (il était déjà un spectateur assidu) et il nous garantit qu’un jour il dunkera sur le cerceau au milieu de l’usine désaffecté voisine (on attend toujours mais on n’est pas pressé).

La grand voile arrive enfin (3 mois de retard, et ca fait 2 mois qu’elle doit arriver “en fin de semaine”) avec un lot de stress pour la dimension forcément, mais c’est bon et elle est superbe. C’est un beau cadeau de la mère de Guillaume et Hubert. L’ancienne était très abimée et comme le mât avait été raccourci (il y a longtemps par Yogi), elle avait en permanence un ris de pris et il nous en restait deux disponibles, c’était limite après 30 noeud établi (testé en décembre). 

  • Départ – Gibraltar (1er juillet 15 juillet)

J’appelle Blond, un ami qui veux faire les 2 premières semaines avec nous: “Dis à ton patron que ce coup-ci tu ne vas pas repousser tes vacances, on est prêt, départ le we du 29/30 juin”.

Xavier, le père d’Hubert et Guillaume nous accompagne aussi pour la traversée aux Baléares. 

Samedi après midi, on sort avec Benoit pour tester la voile, on le pose en ville, c’est la teuf a PSL (l’été a l’air plus fun que le printemps), pizza bière et on y va. Sur le quai désert de la zone industrielle (où l’on passé reposer un ami) Quentin se lance dans un discours qui promettait d’être émouvant “De par ces amarres que simplement nous lâchons, pour bien longtemps c’est la France que nous quittons. Et je voudrais vous dire …” (j’ai mis des alexandrins pour la forme) Mais tout le monde est à la manoeuvre, pas le temps de s’émouvoir, c’est parti. 

Départ de nuit, cap à l’est suivant le GPS pour sortir de la baie. Il devrait y avoir une bouée devant sur tribord, mais a force de la chercher on la trouve sur bâbord. Les cartes GPS ont 20 ans, ont a failli se payer le banc de sable de PSL… Le dimanche on est donc en mer, pas trop de vent, mais plein de poissons, thons ou bonite qui suivent et bondissent autour du bateau. On a acheté du super matos de pêche à un ami d’hubert (je vous dis pas le prix, c’est indécent), alors c’est parti ! Non rien, absolument rien (et depuis toujours rien à part un micro poisson au mouillage à la ligne dans une réserve naturelle). Par contre on a le droit au plaisir des yeux, dauphin à l’étrave et balène qui viennent souffler tout proche de nous. On test aussi le wakeboard avec une planche de kite, ca marche un peu avec le moteur est a fond.

Arrivée à Mahon mardi midi. On n’a pas battu de record de vitesse, mais on n’a pas pas eu beaucoup de vent. La soirée commence par l’éternel débat du “on va ou après et quand ?”. Hubert et moi on veut se plutôt se dépêcher (pour arriver loin rapidement, on a assez perdu de temps), Quentin ne veut pas sacrifier les belles choses à voir et faire. On trouve un compromis en partant le lendemain pour Ibiza (après le départ matinal de Xavier qui nous quitte pour l’aéroport) On arrive sur un joli mouillage à l’est d’Ibiza vendredi à 3h du matin. Puis on part pour Santa Eualia, jolie petite marina à 170€ la nuit (pour comparaison Las Palmas c’est 10€). Ensuite c’est vraiment pas fou, mais bon on fait la fête quand même (à ce prix la faut profiter). Le lendemain c’est Formentera, mouillage immense, avec des bateau immense, et une plage immense. On arrive trop tard pour le kite. Baignade, footing, restau. Hubert et moi on n’est pas rassuré de laisser le bateau trop longtemps hors de vue avec le vent. On laisse Guillaume et Quentin qu’on récupère en pleine forme le lendemain au petit matin. Départ sous petit vent le long des falaises direction Malaga (sur la route de Gibraltar). Le jour d’après, on mange du prés, le bateau tape et gite, ca fatigue. Une douleur se réveille dans le pied de Guillaume (les heures de skateboard ? les entraînements de basket ? la danse en plein désert ?). On se fait une pause à Carthagène mais le médecin n’a pas de remède miracle. Sinon la ville est sympa et cet arrêt nous fait du bien. On repart le lendemain direction Malaga où Blond à son vol. Nav au portant bien tranquille, un peu de spi, il fait chaud, pas mal de baignade. Blond impose sa nudité, qui fait des émules. Malaga, jolie ville, deux nuits au port et une au mouillage, Quentin y retrouve une amie, et on repart direction Gibraltar. La nav de nuit sous le fameux rocher est surprenante de vent irréguliers au milieu des cargos. On se fait surprendre une fois, on réduit, on laisse Hubert à son quart. Contre vent et courants, ça remonte mal, par gentillesse il se refuse à nous faire partager la déprime et barre seul toute la fin de nuit avec des bords carré (200 mètres en 2 heures). On se réveille du bon côté du rocher. Première journée côté Anglais, petit déjeuner anglais, visite du caillou et on découvre qu’il y a plein de singes (enfin tout le monde le sait qu’il y a des singe à Gibraltar sauf nous).

  • Gibraltar – Las Palmas 

On déplace le bateau côté espagnol. Quelques bricolages et provisions, une amie de PSL nous rejoint pour deux semaines. Et départ direction ..? Encore le même débat. Le compromis c’est 2 semaines au Maroc, Quentin a des amis en vacances à Essaouira, et après on sacrifiera les Canaries en ne s’y arrêtant le moins possible pour profiter du Cap Vert. Première escale à Rabat, ou l’arrivée sur la rivière au pied de la citadelle, des centaines de gens sur terre et dans l’eau, nous fait grande impression d’accueil. L’impression n’est pas renouvelée aux douanes qui nous saisissent le drone, c’était prévu mais on a toujours une appréhension sur sa récupération. Ici pas de grande soirée car pas tellement de bière, mais les deux villes de Rabat et Salé sont bien sympa et on fait comme tout le monde, c’est à dire acheter des trucs. Du textile en majorité, 7 chemises à 7 euros pour Quentin, Hubert et moi on achète des Djelaba (moi 4 fois plus cher et au vu de son utilisation c’est pas l’affaire du siècle). Hammam massant (enfin, “massant”, disons “rapant”, c’est traditionnel mais ca fait mal). Un peu de surf (mais c’est pas encore fameux cette histoire). On rencontre deux bateaux de famille française sympa qui naviguent avec leurs enfants. Nous embarquons le père d’une des familles, Audran, pour Agadir car il a envie de naviguer et son voilier reste à quai encore un bout de temps (ils sont installé et travaillent quelques mois au Maroc). Oui Agadir car en fait Essaouira c’est paraît-il trop compliqué de mouiller (et pas de port). De là après un peu de bricolage, on rencontre Henry Dan, le gars doit avoir 70 ans, a un bateau de régate hallucinant qui manipule seul avec des pointe a 30 noeud, grimpe beaucoup, est ancien pilote de formule 2 professionnel, fan de moto … Bref la fureur de vivre ! Bon nous on loue notre petite logan, on y entasse le matos de kite et direction Essaouira le paradis du kite. Bon en fait il y a plein de grosses vagues, donc pour ma part c’est plutôt difficile comme paradis. Coté vent on ne s’est pas moqué de nous, ca souffle, effectivement le mouillage c’était pas gagné. Guillaume lui c’est plutôt surf. Notre amie repart en Suisse, Hubert et moi on va se balader dans l’Atlas, Guillaume rentre se poser à Agadir et Quentin rester kiter avec ses amis. Que c’est bon la montagne, fatiguer simplement en se faisant mal aux jambes. La première montée en plein cagnard après des heures de stop est faite trop rapidement (j’avais les crocs perso, comprenez, un printemps d’alpi sacrifié à attendre un gréement). On dort dans le froid (le tapis de sol d’hubert se crève..), puis le matin on est seul sur des crêtes facile, le kiff. On se retrouve tous les 4 à Agadir, départ pour les Canaries. 

Ca commence sans vent et avec plein de houle, pas l’idéal pour mon estomac après 2 semaines de pause. On arrive à Lobos, on y retrouve l’autre famille rencontré à Rabat, Nolwenn, Allan et leur petite fille, soirée super sur leur bateau qui fait la même taille que le nôtre mais semble 3 fois plus spacieux à l’intérieur (les architectes ont fait des progrès on va dire). Petite visite de l’île volcanique très touristique. Tentative de kite depuis le bateau pour Quentin et Hubert (manip complexe jamais testée), mais le vent se fait la malle alors nous aussi, direction Las Palmas en une superbe nav à 8 noeuds qui nous fait arrivée au petit matin blême. 

C’est la place forte des départs de transat, alors il y a plein de shipchandlers, et comme au cap vert il n’y a pas grand chose, ca va bricoler. L’idée c’est de partir après une semaine. Ca commence par des travaux sous la coque, nettoyage, recoller un joint, changer un anode, réparer une accro sur le safran… Puis les poches à eau ajoutées à PSL qui fuient, ok. Et puis la centrale de nav qui nous indiquent plus ni vitesse (pas trop grave et pas réparable) ni profondeur (plus gênant, mais un électronicien nous trouve la solution en 2 minutes). Ca avance pas mal, mais il reste le pilote. Quoi le pilote ? Ha oui c’est vrai que dans la dernière nav il n’a pas marché. C’est surement un petit souci… En parallèle on rencontre Julien, un jeune sur un vieux bateau en acier qui transpire la bricole et la débrouille (par exemple, les filières sont des chaînes de mouillages soudées). Avec ses amis (absents en ce moment) ils font des spectacles aux escales, les gentils hommes et mesdames de fortune. On rencontre aussi Manu Common et sa femme. Retraité heureux sur un catamaran dont l’immense carré extérieur est idéal pour des apéritifs qui se prolongent. Manu nous conseille de changer l’huile du vérin du pilote. C’est pas facile, ça nous prends deja 2 jours. Ca ne marche pas plus. On trouve un spécialiste allemand (ici aussi en vacances et qui arrondit ses fins de mois à 40 euros de l’heure). Il nous annonce que la bobine (électrovanne) qui contrôle l’entrée de l’huile dans le vérin est morte. (si les explication technique vous barbent, veuillez vous rendre directement au chapitre suivant). On fait 10 magasins, rien. Un shipchandler nous trouve la bobine en Angleterre, mais beaucoup de délais et 300e. L’allemand nous conseille de mettre une autre bobine un peu différente “aber es ist gut”. C’est beaucoup moins cher et dispo, on tente. Petit tour en mer pour tester et recalibrer le pilote. Ca marche à l’envers. Retour au port, on inverse les polarités, rien. L’allemand revient, et là, plus rien ne marche. A priori c’est le calculateur (sorte d’ordinateur) du pilote qui est en cause. Les spécialiste du coin (le même qui nous avait sauvé la centrale en 2 minutes) nous informe qu’il ne peut rien faire. Le fabricant B&G nous renvoie vers une boite française à Saint Michel Chef Chef (SMCC dans la suite du récit, on n’est pas payé à la ligne). C’est soit leur envoyer le calculateur, soit un neuf a 3000e. L’autre possibilité c’est d’en faire un nous même à partir d’un ordinateur miniature (un Raspberry), des composants électriques divers et un programme informatique dispo en ligne. Cette piste est menée de front de celle de SMCC. On envoi le calculateur a ces derniers. En attendant leur réponse, on galère sur l’électronique. Quentin attaque le sujet à bras le corps mais c’est plus compliqué que ça en avait l’air. En particulier il faut des composants qu’on ne trouve pas ici (le contrôleur du moteur surtout). SMCC nous informe que c’est 500e et une semaine de délais (transport postale). On choisit de se le faire envoyer au cap vert ainsi que le contrôleur pour la piste DIY, et de partir au plus tôt.

Las Palmas – Cap Vert

Enfin le départ le jeudi 5 septembre après 26 jours au port, on est bien content de partir. Météo parfaite, ca souffle entre 10 et 20 nds pile dans la bonne direction. Forcément, on n’a pas de pilote, alors on barre. Quart de 2h avec un quart commun entre midi et 14h pour que chaque jour on change de créneaux horaires. Le routage nous fait faire 2 grands bords au largue avec un empennage vers Dakhla au Maroc. Beaucoup de spi asymétrique, et de temps en temps on le met en symétrique avec le tangon. Là quelques beaux cocotier pas facile à démêler, puis avec un exercice d’homme à la mer (après révision des glénans) qui finit presque en catastrophe pour notre pauvre spi. On y perd une écoute (avec son joli et cher mousqueton d’attache rapide). Sans pilote, on ne peut plus bouquiner la nuit, c’est donc des podcasts et des livres audio qui nous accompagnent. En passant près du maroc, on est entouré de bateau de pêche, on croit en notre ligne, et là ! une prise enfin ! On l’épuise, on remonte la ligne, ca force, on le voit, c’est un beau thon, il est juste au pied du bateau !! Et hop disparu… Ca n’a pas cassé, on est juste tombé sur un malin. Mais le lendemain matin, Quentin est à la barre quand je remarque derrière un poisson qui traîne à moitié mort sur la ligne à maquereaux. Première prise, très bon mais comme on n’y connait rien, on ne sait pas ce que l’on mange. Espérant qu’il soit le premier d’une longue lignée, Hubert demande à le nommer Clovis. Le même jour on remonte Pépin de Bref et Charlemagne (ce dernier sur la canne a 400e, enfin utile), Hubert a surement raccourci l’histoire de France, mais aucun de nous n’a su combler les trous. La chaleur est écrasante, nos Djellabas sont bien utiles pour les quarts de mi journée. Une nuit en voulant vider les ballasts, impossible de démarrer le moteur. Le lendemain on ouvre et on voit de l’eau de mer qui sort du filtre a air. Pas bon signe. On se dit même qu’il est mort, c’est la déprime. Le professeur de mécanique de Quentin (contacté par iridium) nous conseille de mettre de l’huile dans les injecteur pour éviter la rouille, et nous redonne espoir.

Arrivée à Mindelo le mercredi 11 à 9h sous voile après 6 jours. Manoeuvre de port folklorique aidé par les zodiacs de la marina. Enfin on est arrivé c’est principal. Au travail !

Pas de nouvelle du pilote, on commence par le moteur. On vide bien l’eau, on nettoie au maximum l’intérieur par les injecteurs, on teste et Ô miracle, ça marche. Par contre on ne connaît pas la raison de l’entrée d’eau. Alors on met un clapet sur l’échappement, une vanne quart de tour sur l’entrée, et on achète un anti siphon mais on ne trouve pas le bon tuyau. Ce dernier attendra le brésil. 

On rencontre Benoît sur un catamaran qui repart vers le Sénégal où il passe des mois dans les milliers de kilomètres de méandre de rivières qui ont l’air magnifique. Michel sur un petit voilier alu qui vient pour la deuxième fois et qui joue de malchance entre équipiers et santé.

Coté pilote, c’est ubuesque, on apprend qu’il est reparti en France. En discutant sur les pontons on apprend qu’ici c’est compliqué, très compliqué. Un retraité Suisse sur son vieux bateau en ferrociment nous explique qu’il a mis 6 semaines pour faire venir des joints de Praia (la capitale du cap vert, sur une autre île) à Mindelo. On se dit qu’en attendant on peut aller se balader à San Antao, l’île voisine qui est parait-il magnifique. Sur place on apporte des médicaments donné par Benoit pour un français de 23 ans vit sur place depuis 3 mois, Lilian vit et voyage sans argent depuis 3 ans, depuis sa renaissance à la vie. Bref un sacré personnage très intéressant et qui connaît parfaitement l’île. Il nous offre des conseils et nous passons 5 jours superbes sur cette île très verte et très montagneuse, avec des chemins pavé large de 2m qui serpentent dans les falaises. De retour à Mindelo on est content de retrouver le bateau intact, on l’avait laissé au mouillage (car gratuit), c’est une première toujours stressante.

C’est donc reparti à la poursuite du pilote. UPS ne réponds pas, la poste ne sait rien, c’est une entreprise de transport local, dont l’un des employé, Paulo nous vient en aide. On fait avec lui le tour de la ville, il passe beaucoup de coup de fils et enfin, on reçoit le colis par avion, dans deux sac plastique. Le lendemain on monte donc le calculateur, suspens, et … rien. Dépression. On bidouille des fils, et là ca marche un peu, on est revenu à la panne de las palmas… Dépression. En même temps on test le moteur car sur le retour du mouillage il a fait un drôle de bruit. Une grosse fuite d’air au niveau d’un injecteur, un joint de mort, impossible a trouver ici … Dépression. Mais on re bidouille encore le pilote, et la ca marche !! Victoire ! On bricole un joint avec un caoutchouc qui nous a donné Michel, ca marche !! Victoire. On fait un tour en mer pour tout calibrer, ca marche !! Victoire ! On va pouvoir partir enfin ! Quelques courses et c’est bon. On remarque que la coque est couverte de coquillage alors qu’on avait tout nettoyé durant des heures à Las palmas. Il faudra refaire l’antifouling au Brésil. La météo est correcte, ca va pas être violent et on risque de faire beaucoup de moteur. Ce soir un apéro avec les amis du port, dont Alain un voisin retraité (il n’y a que ca en mer) avec 4 demoiselles de son âge (l’une est quand même sa femme) et le voisin italien gérant de boîte de nuit à Ibiza, qui forcément aime la fête. Demain le match de rugby (France – USA) à 7 h, et hop le grand saut.

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