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Garçons, Une fois de plus, nous revoilà à flot !

Samedi 04 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Nous quittons donc enfin Niteroi, sous un temps clair et un vent léger. La sortie de la baie permet un dernier coup d’oeil vers Rio, le Corcovado, le Pao de Azucar, la vieille ville, les quartiers lapa, gloria, l’aéroport du centre, les plages de l’intérieur botafogo, flamengo et urca puis c’est le passage entre les plages de Copacabana, d’ipanema et l’archipel au large.

Nous partons vers Ilha Grande au sud avec à bord Nicolas et Guillaume bien sûr  mais aussi Stanislas qui nous a rejoint début décembre malgré nos mésaventures et Edison qui nous avait tant aidé à Saquarema.

Je ne souhaitais pas enchaîner les parenthèses, j’ai donc retardé mes remerciements à ce premier jour, promis je serais bref

Merci d d’abord aux brésiliens

Luiz-Carlos qui nous a fait relevé la tête grâce à son énergie et son café 

Edison qui nous a accompagné, supporté, accueilli 

Les squatteurs du lodge abandonné de Saquarema qui m’ont rappelé qu’il y a beaucoup plus grave que de la casse matériel pendant des loisirs

Un immense merci à Stan, qu’on a vu débarquer sur notre plage camping-galère avec des saucissons, du chocolat et surtout sa bonne humeur. Ce n’était pas les vacances prévues mais tu nous as régalé!

Enfin merci à papa et maman, premiers au courant, vous nous avez soutenu à distance d’abord, puis vous êtes venu donner de votre temps pour nous aidera réparer notre bateau. Merci pour votre présence à nos côtés et du travail que vous avez fourni (et merci à mes sœurs d’avoir accepté qu’on les vole pour Noel)

 Dimanche 05 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Après une nuit au moteur, nous arrivons à 5h du matin et mouillons l’ancre dans la baie des palmiers (très spécifique comme nom) à Ilha Grande, Nicolas demande déjà à repartir mais ce sera petit somme et excursion à terre dans la matinée. On part Nico, Stan et moi en courant et chose rare on fait même demi-tour devant un passage qui nous semblait limite! On rejoint Guillaume et Edison sur la plage. Danse la baie, des barques débarquent des groupes de jeunes filles en vacances. Devant tant de tentations, nous remontons vite sur notre bateau! L’antarctique nous attend… bon ce sera d’abord le frère  de Nicolas sur une plage à côté de Paraty.

Lundi 06 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Le matin, grâce  à un petit coup de moteur, nous arrivons à une marina à côté de Paraty. On manque de repartir aussi sec, c’est 70 euros juste pour la journée… finalement on peut négocier, ce sera gratuit jusqu’à 14h, il est 11h faut pas trainer! On expédie visite de la ville, adieu à Edison, formalités de départ et courses dans le temps imparti! Puis on mouille un peu plus loin car nous avons rencontré Bertrand un français qui a apparemment un pilote pour nous (pas suffisamment puissant et réactif mais mieux que rien). Nicolas expérimente la technique du point d’ancrage dans la négociation et réussit à obtenir un super prix 50 euros!

Dans la soirée, nous repartons tous les 4 vers Rio Grande do Sud.

Mardi 07 janvier 24°12.2S 44°27.9W

La nuit et matinée se passent entièrement au moteur par manque de vent. Puis Guillaume entends un bruit bizarre et on constate une fumée blanche. On arrête tout, on inspecte le moteur, on voit rien. Le vent s’est levé, on envoie le spi et on passe une super après-midi de glisse au soleil. On se dit que le moteur était chaud et qu’il avait juste besoin d’une pause.

Mercredi 08 janvier 26°09.6S 45°59.7W

Nous naviguons avec des quarts de 2h où nous sommes à tour de rôle responsable du bateau. Si la journée il est rare de faire un quart seul, la nuit il n’y a que vous le bateau et la mer. En conséquence, on aura tous vécu cette nuit différemment, un passage d’orage ou un ciel dégagé, du vent ou pas, qui vient du nord ou du sud. Cette nuit fût fort changeante.

Au matin, au moment de donner la barre à Guillaume, c’est la pétole, nous décidons de mettre le moteur. Très vite l’alarme de température moteur retentit, on coupe le moteur, on ouvre le capot, verdict la courroie de l’alternateur est cassée! On a bien sûr 3 courroies en remplacement mais pas pour celle-ci. On ne peut plus utiliser le moteur car cette courroie entraîne aussi la pompe du circuit de refroidissement…

Impossible d’aller jusqu’à Rio Grande, le port est au bout d’un long chenal étroit et surtout avec beaucoup de trafic.

On se déroute vers Florianopolis qui est plus proche et plus accessible.

Je ressens une vraie lassitude du fait de ces problèmes à répétition.  Comme avant le naufrage, la charge mentale pèse, et je mouline. d’où vient le problème, est ce  que je l’ai provoqué? Comment j’aurai pu l’anticiper ou prévoir la réparation ? La courroie datait de 2005, mais je l’avais remise en place il y a 4 jours. Nous n’avions pas fait de contrôle visuel sur les courroies depuis Port Saint Louis du Rhone, nous avions de quoi remplacer les deux autres courroies et pas celle-ci…  »il n’y a que ceux qui font rien qui ne casse rien » dit le proverbe, parfois mon côté petit gibus ressort  »si j’avais su, je serais pas venu »

Jeudi 09 janvier 27°19.3S 47°25.6W

Au matin, sous l’impulsion de Nico, du vent léger et de notre allure très abattue nous pousse à tester le spi seul, la grand-voile restant tranquillement sur la bombe. Ca glisse doucement sans bruit. Puis le vent forcit et tourne on se retrouve au travers en limite du spi mais c’est rapide. Cela ne manque pas, l’apéro servi distrait le barreur et on part au lof! Sans grand-voile pour le deventer, le spi ne se laisse pas affaler facilement. A la nuit tombée, nous repartons sous grand-voile et génois.

Vendredi 10 janvier 

On arrive en face des plages de Florianopolis (l’équivalent brésilien de Saint Tropez) vers 2h du matin. Oui les arrivées de nuit deviennent notre marque de fabrique!

On essaie d’un côté mais une conversation s’engage à la VHF, nous sommes sur le chemin du dragueur… gentiment ce dernier nous pousse de l’autre côté de l’île. Sans sondeur, dans la nuit on mouille au juge et on ne lésine pas sur la longueur de chaîne. Même si on doit la ramener à la main, on est tous content de faire travailler nos muscles. Certains à bord sont même en objectif  »prise de masse ». Au matin on voit la marina et environ 20 bateaux au mouillage entre nous et la plage, on avait pris une grosse marge de sécurité et on avait bien fait, aucun n’avait de feu de mouillage ! On appelle la marina qui après une tentative en anglais nous passe un français Jérome! A l’aide de ce dernier, on a le droit à une bouée gratuite pour la journée, il nous trouve aussi le meilleur mécanicien du coin. Grâce  à lui, cette halte fût bien efficace, à 17h la famille est rassurée, les courses sont faites, la courroie changée. On repart, on tire deux grands bord pour sortir de la baie, puis on ouvre les voiles vers Rio Grande!

Samedi 11 janvier 28°27.5S 48°29.8W

Une journée sans problème youpee! Enfin juste notre pompe à eau de mer (pour la vaisselle et la cuisson) fuit, rien de grave j’esponge comme dirait Jacouille et ferme la vanne on fera sans. Guillaume répare quelques charnières mais nombre de nos placards se ferment en les coinçant avec des élastiques… Nous croisons un énorme navire de croisière probablement de Buenos Aires  à Rio, malgré les 4 garçons dans le vent a notre bord, nous ne recevons aucun signe de reconnaissance. La prochaine fois on fera comme une équipe de rugby en déplacement, cela attirera peut-être plus l’attention.

Après le dîner, alors que chacun s’occupe avant son coucher, le téléphone sonne! L’excitation s’empare de tous! Cette sonnerie indique que quelque chose a mordu notre appât. On a investi dans une super canne à pêche, alors on l’utilise mais avec peu de succès donc on en parle pas beaucoup. C’est une magnifique dorade coryphene, plus grande que la précédente elle semble aussi plus chamarré. Nicolas s’attèle  à la canne, mouline, lâché du fil, re mouline etc. Il s’agit de fatiguer l’animal. Cependant alors qu’il reste 10m de fil à remonter, la dorade connaît un regain d’énergie elle saute et exécute une vrille puis un autre saut et un autre salto. Au troisième saut, la ligne se détend d’un coup, elle s’est libérée ! On oscille entre la déception d’avoir manqué cette belle prise et le contentement de ne pas avoir tué le meilleur espoir doradien pour la médaille en gymnastique aquatique. Finalement  on avait bien dîné ! 

Dimanche 12 janvier 30°01.4S 49°57.4W

Nous naviguons au près dans un vent léger  et surtout sans vagues. C’est calme, facile et agréable. Nous bloquons la barre avec un élastique et un bout, cela remplace notre pilote. Nous croisons des trains de chalutiers qui se suivent, il faut bien choisir son passage! Et pour la première fois au Brésil, j’aperçois des éoliennes!  Un, deux puis dans la nuit un troisième champ, les longues plages que nous longeons doivent bien s’y prêter. 

Comme hier, après dîner, le téléphone retentit à nouveau mais ce n’est pas un dorade, un cousin du bar peut-être ? On le remonte sans difficulté et on le dévore dans la foulée. 

Dans la nuit sans vent, nous avons démarré le moteur. Vers la fin de mon quart, soudain il monte dans les tours puis redescend. C’est le signe qu’il a finit son réservoir, vite je bondis pour l’arrêter mais pas suffisamment rapidement … à 3h du matin, je sors donc les jerricans des coffres arrières et je fais le plein, puis avec Guillaume on démonte le capot moteur et on purge l’air du moteur. Seulement on le fait que sur un des 3 injecteurs,cela reste donc assez inefficace, le moteur ne démarre pas. Une fois que tout le monde est réveillé, la solution émerge et malgré un bruit étrange du démarreur, c’est reparti! Super la nuit ….

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Decembre 2019: Rio ne réponds plus

Après de belles péripéties sur la route depuis la plage de Saquarema, nous sommes arrivés au Clube Naval de Charitas à Niteroi le 10 décembre 2019. Nous nous sommes de suite attaqués aux nombreuses réparations.

Notre Code Rouge coincé, notez les roues en l’air de la dépanneuse

La coque n’avait subi aucun gros dégâts, pas de déminage, ni de trous, il suffit d’une bonne couche d’epoxy là ou le sable et les bambous avait laissé leur marque (note pour plus tard ne pas tirer un bateau sur un lit de bambous. Note² ne pas mettre un bateau sur une plage). Nous appliquons aussi un nouvel antifooling, noir. Ca change ! Les hublots tribord ayant explosés sous les vagues, nous fixons des lattes de bois pour clore ses ouvertures, l’esthétisme du pont en prends un coup, mais tant pis ça marche!

À l’intérieur, nous devons refixer tous les meubles qui se sont décollés de la coque lorsque celle-ci travaillait couchée sur le sable. Nicolas sacrifie ses poumons en résolvant ce jeu de puzzle a grand renforts d’epoxy.

Le sable… parlons en! Nous avons vraiment bien choisi notre plage! En plus d’être un spot de surf reconnu et donc d’avoir de belles vagues ayant aggravé notre étalonnage et cassé nos hublots, Saquarema possède  un sable blanc extrêmement fin qui s’est infiltre partout. Nicolas va retirer 20 seaux de 20L de sable de nos ballasts… tout le bateau est à desabler, un mois et 3 lavages complets plus tard, nous en retrouvons encore… Tout l’accastillage sera démonté, nettoyé, graissé, remonté et pourtant cela reste moins fluide qu’avant. 

Nous remettons en place les batteries et testons les différents équipements électroniques, adieu centrale de navigation, contrôleur de charge éolien, régulateur solaire et certaines lampes. Mais nous sommes surpris l’ensemble a plutôt bien résisté. Mes parents venant passer Noël avec nous, nous allons charger leur valise avec ce qui a cassé.

Ca ressemble à ça une culasse de moteur

Nous confions aussi un gros chantier moteur à un mécanicien, celui sera ouvert jusqu’à en sortir les pistons! Deux sur trois étaient cassés, d’où notre surconsommation d’huile! On change tout ou presque! Les pistons, les segments, le joint de culasse, les joints des injecteurs! On contrôle la pompe a eau de mer, tout va bien. On installe un antisiphon (pour éviter l’eau qui rentre dans le moteur a l’arrêt). Les filtres ayant été changé à Joao Pessoa, ils attendront leur tour.

Avec l’aide d’un artisan local de 70ans, nous remettons aussi la quille en place! Le 30 décembre, on remets le mât et le bateau retrouve son élément dans la foulée! Le plus gros est fait, et c’est un vrai soulagement, curieusement le plaisir n’est pas encore là. Le reste de la semaine, c’est du rangement, du nettoyage et des tests (et une sacrée gueule de bois le premier jour de 2020).

Le jeudi on sort enfin les voiles et nous faisons enfin quelques tours dans la baie de Niteroi. Depart prévu pour le vendredi ! 

Je fais une parenthèse pour narrer la dernière aventure de cette remise en état de Code Rouge, cela pour vous donner une idée plus précise du déroulement  »classique » de nos travaux. Attention, c’est long, difficile à suivre et pas forcément intéressant mais ça rend bien compte de comment on occupe nos journées quand on répare. L’alternateur donc, entraîné par le moteur il nous permet de recharger nos batteries même sans vent ou soleil. Nous avions fait testé le notre en arrivant à Niteroi, résultat annoncé negatif.  Nous avons mis en place celui de rechange. On teste mais nos batteries ne se rechargent pas. Le mécanicien revient, la borne negative du nouvel alternateur ne fonctionne pas. On s’en sort en branchant a celle du moteur, on arrive à voir du courant en sortie d’alternateur! Seulement, nous avons un bateau particulier, unique! Comme tous les bateaux, nous avons deux batteries, une moteur (dédiée au moteur) et une  »maison » (frigo, système son et home cinema). A la différence des autres bateaux, nous avons un régulateur entre l’alternateur et les batteries qui permet de repartir la recharge en fonction de la charge de chaque batteries. Normalement, il y a un répartiteur de charge, le moteur recharge d’abord la batterie moteur puis la maison et la fonction régulateur est intégré a l’alternateur (comme sur une voiture).

Selon le mécanicien, notre ancien alternateur ne fonctionne pas, et le nouveau installé semble ok mais c’est notre régulateur qui ne marche pas. Peut-on retirer le régulateur du bateau? Oui mais sans répartiteur, il faudra charger uniquement une batterie. Bref la journée passe vite en découvrant tous ces aspects, il est 5h ce vendredi après-midi quand en appelant l’ancien propriétaire Yogi, il nous rappelle qu il y a un régulateur dans les alternateurs et que lui a du retirer celui de l’ancien alternateur! On court rattraper le mécano pour qu’il remonte et nous rende notre ancien alternateur qui ne peut fonctionner sans le régulateur du bateau… comme pour vous dans ce paragraphe, on tente de lui expliquer le montage et le cas spécifique de Code Rouge avec la langue en difficulté supplémentaire! Il maugrée (pas sûr  qu’il ait compris … l’avez-vous?) Mais nous donne l’ancien alternateur à remonter.

Nous fixons celui-ci au moteur recommençons les tests… rien ne marche, le régulateur indique une température batterie trop haute… bon il est tard, nous levons le stylo! Nous avions décidé de partir le lendemain et nous avons un plan b remonter le nouveau alternateur sur uniquement la batterie moteur et débrancher notre régulateur. J’avais quand même arrangé un rendez-vous avec un professionnel pour le lendemain 9h sorte de dernier recours! Le samedi nous le retrouvons, on lui explique la situation, il occulte le tout moteur alternateur régulateur.il nous repare une connexion qui avait la bougeotte (efficacité au fer à soudé level 100 vs nous). Mais rien ne marche… je suggère alors de débrancher le capteur de température batterie, et hop le régulateur se met gentiment à fonctionner… on a passé plus de 24h sur un capteur défectueux… mais le problème est résolu et notre compréhension du bateau progresse à chaque étape!

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… tout disparaîtra

Le jeudi 28novembre vu par Hubert

Apres un réveil matinal, sur une belle plage d’Arraial de Cabo Frio, nous décidons de tracer vers Rio. Nous visons d’arriver vendredi matin afin d’écumer les bars tout le week-end. L’ambiance est détendue, depuis notre arrivée au Brésil, les conditions de navigation sont excellentes. Nous avons du vent au largue serré (~100° d’angle entre le vent et la direction du bateau) ce qui nous assure une belle vitesse, du soleil, aucun nouveau souci (même si nous n’avons toujours pas de pilote automatique et que nous limitons le moteur pour pas l’user).
Le matin, un vent faible et face nous aide à contourner l’île de Cabo Frio, et dans l’après-midi, nous nous apprêtons à tirer des bords vers Rio, et nous ne mettons personne de quart pour la première fois du voyage… Vers 17h, Guillaume dort, Nicolas lit Virginie Despente et je regarde la part des anges, nous sommes tous les trois à l’intérieur. Or nous sommes sur un bord à la côte, il y a environ 15 nœuds de vent de sud est et quelques gouttes de pluie. Soudain, nous talonnons! Notre quille touche le banc de sable à environ 300m de la plage, nous sortons, choquons les écoutes, essayons de virer impossible.
On démarre le moteur, il ne peut rien non plus. Les vagues implacables nous pousse toujours plus à la côte… le bateau est bien gîté, la quille raclant le fond, nous arrivons (ce n’est pas le bon terme mais bon) sur la plage de Saquarema par le safran tribord qui se casse sous la contrainte. Nous stoppons le moteur, le bateau est à une vingtaine de mètres du bord, couché (les ballast tribord se sont remplis d’eau).
C’est la merde.
La suite des événements est un peu flou dans ma tête, je me souviens de questionnements sur ce que nous devons faire pour sauvegarder le maximum, d’une débauche d’énergie pour les actions décidées, de moments d’abattement au vu des conséquences de mon irresponsabilité…
Le jour tombe, nous avons mis notre grosse ancre et 50m de chaîne sur la drisse de spi. Nous avons appelé les secours (par téléphone car personne ne répondait sur le canal 16 de la vhf). Nous avons commencé à vider le bateau pour mettre à l’abri de l’eau. Nous sommes en combinaison néoprène, nos affaires s’entassent sur la plage, il pleut et on perd nos frontales une a une. Bref c’est joyeux et heureusement l’activité nous réchauffent et occupe l’esprit. Nous déplaçons nos affaires hors de portée de la marée haute, couvrons autant que possible avec une voile ce que nous devinons craindre l’eau (il fait nuit je vous rappelle). On monte une tente. Un ange arrive, Luiz Carlos Sanchez, gardien de plage qui dépensera une énergie folle à nos côtés cette nuit la et toute la semaine à venir.
Les secours arrivent en 4×4, nous annoncent qu’il faudra venir faire les déclarations d’arrivée des que possible, qu’ils n’ont passe bateau pour nous tirer de la. Des locaux nous aident à tirer nos affaires du bateau et s’emparent de nos réserves d’alcool. Tout ça nous occupera jusqu’à 3h du matin.

Le jeudi 28 novembre et la suite par Guillaume

« Mais on est trop confiant trop fatigué trop habitué à notre routine. La mer la vie ne se traverse pas sans regarder où on va, il faut faire son chemin. Un grand choc et puis la panique le bateau à 45° on s’affaire sur le pont affaler les voiles faire gîter le bateau moteur à fond. On a touché le sable du rivage. Mais les vagues sont trop fortes l’hélice est déjà hors de l’eau et le bateau vient comme un bout de bois remonter petit à petit sur la plage. Message de détresse, fusée, le naufrage. Et puis l’adrénaline va devenir notre pain quotidien, une semaine de galère. Les vagues sont énormes les deux premiers jours. Des vitres explosent et le bateau se rempli d’eau puis de sable. On entends craquer, on vide le bateau démêlons les bouts en étant projeté à chaque vague sur le pont du bateau maintenant presque à 90° du sol. « 

Des nuits courtes sur là plage et des journées immenses sous un soleil qui marque la peau dès 8h. Mes lèvres ont explosés le deuxième jours. Mon frère et Nicolas ne supportent plus d’entendre le bateau craquer et décident de sortir le bateau par la terre. Je voulais sortir par la mer mais les vagues des premiers jours paraissaient infranchissable . Après la mer s’est calmé pas la terre. Combien de tâche toujours plus stressante plus éprouvante pour le bateau et pour nous qui impuissant mais affairé passons nos journées ce monde étrange des naufragés. Les gens nous apportent à manger ou viennent prendre un selfi devant ce spectacle. Tirer le bateau par deux tractopelles creuser un trou pour enlever la quille, tirer le bateau jusqu’à un chemin praticable, enlever le mat et charger le bateau sur une remorque. Combien de fois on a pensé perdre encore plus le bateau ? Tout les jours vraiment parfois plusieurs fois. Meme le trajet pour Rio était digne d’un oss117. Mais le cœur des gens nous a aidé à garder a garder le moral. Ils travaillent comme des bovins mais ils sont très gentils.

Pour avoir plus de détails sur les événements (du bateau) :
Lors de notre dernière navigation nous n’avions pas donné de quart c’était une journée qu’on a pris à la cool et personne n’était dehors ou ne vérifiait la cartographie activement.
La puissance des vagues sur la plage du naufrage ne nous a pas laissé la moindre chance de sortir seul et c’était la marée haute. Un banc de sable d’environ 50 mètres nous séparait de l’océan et provoquait plusieurs barres de vagues.
Il y avait bien une grande marée 3 jours après notre arrivée. Mais en tentant d’ancrer le bateau par l’avant face aux vagues sans succès il s’est calé offrant son flanc.
Les vitres du bord exposé vont exploser et le bateau se remplit d’eau et de sable le deuxième jour, alors tout craque. En réalité ce ne sont « que » les meubles du bord en question mais sur le coup ces bruits nous paraissent funeste.
On accepte l’aide de deux locaux et de leurs tractopelles pour sortir le bateau en le tirant sur la plage, nous ne sommes pas les premiers, ils ont donc une expérience en la matière.
La première nuit ayant été épuisante, nous manquons de lucidité et on arrache un taquet avec le tracteur. Finalement en tirant par la quille et le davier à l’avant, le bateau glisse jusqu’à la dune sèche de la plage, premier pas et soulagement.
La manœuvre pour enlever la quille est très pénible, celui qui travaille avec son tracteur est aussi délicat que son outil et la communication très difficile. Quelques tiges filetées qui tiennent la quille sont tordues dans l’opération et la couche superficielle de la coque est marquée par la pelle hydraulique…
Puis le bateau est littéralement traîné sur 500m pour atteindre un endroit où le charger sur un camion.
Le démâtage se fait plutôt bien.
Le chargement sur la remorque est en revanche un nouveau cauchemar. Le bateau à moitié posé sur la remorque à moitié tenu par les pelles/grues, le camion s’embourbe et ne peut plus manœuvrer. Après quelques péripéties bien désagréables on « réussit » à tirer le bateau sur la remorque comme une baleine morte. Enfin c’est fait avec une nouvelle cicatrice pour la coque…
C’est fait, c’est fait reste encore le trajet pour Rio…. Départ à 1h pour 50 km, le chauffeur est un gag, il n’a absolument pas prévu d’itinéraire… On s’engage dans une pente à 15°, il change de vitesse aux pires endroits ça sent bon l’embrayage et puis à un virage ça ne passe pas, certaines roues motrices font du hors-sol. Mais il décide de laisser quelques traces de gomme pour être sur. Alors jolie descente en marche arrière nouvel itinéraire par le centre ville. Voie de bus alors que le jour s’est levé on a perdu du temps et voila que la ville s’anime. Un virage qui semble difficile Nicolas avise le chauffeur que c’est le moment propice pour manœuvrer, ce dernier est plutôt dans la percussion et se met à cheval sur le terre plein, bloqué. Un camion poubelle nous sort alors que le notre laisse de nouvelles marques sur la chaussées.
A présent escortés par la police municipale on finit le trajet.
Nous voila à sec dans le port où nous allons réparer notre bateau

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Le vent nous portera…

Salvador, la ville représente toute la mixité une des facettes du Brésil. On a passé 2 semaines la bas. C’est l’ancienne capital et la ville où arrivaient les esclaves d’Afrique. Elle est resté tres differente des autres endroits que j’ai vu de Brésil. Beaucoup plus africaine, plus populaire aussi. Les vielles bâtisses coloniales sont en ruines ou presque. A côté, des favélas frôlent de nouveaux immeubles modernes. Je pense qu’on a pas vraiment réussi à sentir la ville comme si elle se cachait d’elle meme. Les quartier ancien sont à l’abandon et le centre touristique est au cœur de ces quartiers. Nous avons quand même visité un musée admirable sur la culture africaine au Brésil notamment leur religion. Il y avait des divinités sculptées sur bois fantastiques.
À part une soirée open bar où on a vraiment profite et dansé le reste de mon séjour était un peu frustrant. Les quartiers où on pouvait faire la fête étaient loin mais surtout redevenait assez classique pas vraiment local pas populaire. On a pas réussi à entrer dans cette ville.

Et puis on a visité la baie absolument splendide de petites îles verdoyantes. Toute une journée à naviguer dans un grand lac tropical, le rêve.

Enfin on est parti pour une semaine de navigation pour Victoria toujours plus au sud.
Très tranquille le bateau filait avec un vent parfait. On a fait deux petites haltes, une pour dîner et une pour faire quelques courses. Mais pour cette dernière escale pas de port alors on se lance pour un débarquement périlleux en annexe sur la plage. Contre toute attente et malgré notre préparation mentale tout le monde à l’eau et l’annexe sur la tête. Petites courses, et rebelote cette fois face aux vagues notre commando passe.Cette nouvelle région est sans doute la plus riche qu’on ait traversée, l’opposé de Salvador. Les gens sont beaucoup plus blanc, les filles refaites et les immeubles modernes.
On a vécu la bas le sacre de Flamengo le club fétiche du Brésil dans leurs ligue des champions. Imaginez la folie. On a passé 4 jours génial piscine sauna soirée et on est reparti au sud direction Rio!!

Super voyage beaucoup de vent on pêche une dorade magnifique qui va nous donner 2 jours de repas délicieux. Maki, poisson frit, pané, et bouillon. Puis on décide d’aller passer une nuit au mouillage dans une baie avant d’aller à Rio. Entouré de montagne vierge l’endroit me rappelle la Corse pour l’odeur mais tellement plus vert. Le réveil est délicieux pour les yeux mais un peu tôt, 5h, car la police nous trouve trop proche de la plage. Trop impatient de découvrir Rio on ne se recouche pas. Le vent a tourné le ciel est couvert et l’air très froid. On passe Cabo Frio. Ce vent frai vient presque de Rio et nous oblige à tirer des bords. On connaît la musique et puis à cet angle au vent on peut facilement bloquer la barre et Ca nous évite d’être toujours dehors. Un bord vers le large, un bord vers la côte on est à 50 km de Rio de copacabana du pain de sucre et toute ces petites montagnes dans la ville.