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Code Rouge en Terre Blanche 1/3

Je ne sais pas parler de la mer. Tout ce que je sais, c’est qu’elle me débarrasse soudain de toutes mes obligations. Chaque fois que je la regarde, je deviens un noyé heureux.

Romain Gary

Préparation 

Le samedi 10, je suis arrivé à Ushuaïa sous la pluie, Nicolas était sur place depuis le 4 et Guillaume le 18 décembre. Au-delà de l’ excitation des vacances, j’étais heureux de retrouver Code Rouge d’avoir l’opportunité d’aller au bout d’une envie, et malgré les kilos de CO2 émis lors des vols pris pour échapper à l’hiver confiné sur le bateau.

Nous avons passé une bonne soirée célébrant l’été, nos retrouvailles et notre rêve de froid antarctique.

Le lendemain fut le vrai atterrissage, le froid était là, la pluie aussi, sans oublier leur compagnon local, le vent. Il faut ajouter à cela une forme olympique entre décalage horaire et traces de la veille. Les conditions étaient donc réunies pour s’attaquer avec entrain à la fameuse ”to-do list”. Et tac dès le dimanche, nous avons donc contrôlé l’électricité du bateau, ajouté un contrôleur de batterie, etc. 

C’ est le début d’une semaine de travail assez intense. Je ne listerai pas tout ici.

Nouveau contrôleur de charge des batteries

Nicolas et moi reprenons un bon rythme, les discussions vont bon train, les bricolages aussi. Dans ces deux domaines, il arrive parfois des frictions, un débat qui s’anime, une vis récalcitrante mais les passages et interventions de Guillaume procurent un bol d’air dans ce ménage à trois entre Nicolas, le bateau et moi.

De temps en temps, je regarde la météo superbe sur le passage du Drake entre vendredi et mardi. Je tente de garder cet objectif en ligne de mire, nous ne nous ménageons pas.

L’éternité, c’est la mer liée au soleil (Rimbaud)

Entre Ushuaïa et l’Antarctique, il y a bien sûr le cap Horn, mais surtout le passage du Drake, découvert par hasard en 1578. 800 km de mer entre les deux continents où les dépressions sont canalisées par la cordillère des Andes, un bon courant Ouest-Est, et où les fonds remontent… bref tout un programme! A ne surtout pas prendre à la légère. C’ est une navigation mythique et cela se mérite.

Toujours est-il que nous ne sommes qu’à moitié prêts le vendredi. Les courses, quelques bricoles, il nous aura manqué quelques jours supplémentaires. Dommage, nous n’aurons pas de Drake facile.

Mais le lundi, nous pouvons dire prêts. Nous ne partirons que le jeudi matin entre formalités de douane et constitution de équipage (Nicolas, Guillaume, Xenia et moi)

Jeudi 21

Quart 21h-23h un troupeau de dauphins m’accompagne vent stable et poussant soleil couchant, un bien beau moment.

Toute la partie dans le canal est magnifique, quelques passages de nuages, pluie, vent mais la majeure partie fût belle. Le canal est comme un autoroute de montagne, la conduite est facile, rapide mais la sortie de route peut être dramatique, la vue est grandiose avec les monts se dévoilant les uns après les autres, les deux s’arrêtent pour laisser la place à la partie difficile i.e. la route sinueuse et enneigée qui monte ou dans notre cas le passage du Drake.

Homme libre, toujours tu chériras la mer (Baudelaire)

Vendredi 22

Au lever du soleil, 20h après avoir quitté le ponton, nous dépassons Isla Nueva et dès cet instant cela se corse. En effet, le vent a soufflé au large et a levé une houle courte désordonnée dans la baie de Nassau. Nous subissons d’autant plus que le vent est léger. Nous faisons route plein Sud au vent des îles du Horn, pendant 50 miles avant de dépasser la latitude du Horn et 30 de plus pour la fin du plateau continental. Après la houle s’améliorera mais le mal est fait, Xenia est affecté.

Nous déjeunons d’ un choux braisé cuisiné par Nicolas en plus des restes de salade de riz de la veille. Le vent monte, nous diminuons la voilure mais l’inconfort de la houle remonte, et c’est au tour de Nicolas de succomber au mal de mer.

Isla Nueva au lever du soleil, dernière terre avant l’Antarctique

Samedi 23

Nuit compliquée avec beaucoup de mer et du vent, la fatigue est montée, nous assurons les manœuvres avec Guillaume. Nicolas et Xenia ne sont toujours pas en possession de leurs moyens. Je fais un gros quart tôt le matin puis vient le tour de Guillaume. Je me couche et un certain temps après j’entends Guillaume  qui m’appelle. ”Le pilote est cassé, j’ai du jeu dans la barre, est ce qu’on a un safran de secours, il y a une dépression qui arrive! Est ce qu’on fait demi-tour?”

On se calme et on résout  les problèmes de pilote, de barre, on discute météo et on continue. 

Nous avons fait un ¼ du trajet et les conditions ne sont pas faciles. Deux personnes malades n’aident pas à l’optimisme mais le plus facile est bien de continuer. 

On (re)découvre une fuite dans le réservoir de diesel tribord, on éponge la moitié du bateau… éponger du diesel dans un bateau qui roule avec deux malades, cela aurait pu être le début d’une propagation du mal de mer mais contrairement au covid, ce n’est pas si contagieux!

Guillaume s’attaque à la préparation d’un solide déjeuner (pour deux et deux demis) et on reste sous-toilé pour s’économiser un peu. (Je me suis rangé à l’avis de Guillaume mais pour moi il aurait été préférable de pousser un peu plus car la journée est belle, et la gîte soulage un peu du roulis).

Nicolas se remet, il a même pris une bière sans alcool pour fêter ça! Xenia aussi semble mieux même si elle reste allongée. La journée se passe, je sommeille un peu, quelques siestes pour anticiper. Bientôt la nuit, où nous devrions retoucher du vent fort.

Dimanche 24

Rechute de Nicolas, encore une nuit à deux, nous avons filé à 6,6 nœuds sous trinquette seule.

La journée passe sans soleil mais avec un vent calme, bien Nord-Ouest, nous faisons route directe avec trinquette et 3 ris le matin puis avec seulement le grand voile et un ris pour descendre plus. Globalement nous avons choisi de sous toiler le bateau pour diminuer la gîte mais avec la houle qu’il y a, cela roule fort lorsque le bateau n’est plus assez puissant. Je pense qu’un bateau plus lourd n’aurait pas ce problème. Je me demande aussi si un lest plus gros mais moins profond n’offrirait pas plus de stabilité (nous avons 300 kg à 2.70 m)

Dans la soirée, le bateau se calme et roule peu ce qui nous permet à tous de nous reposer. Nicolas est de retour à 100%, Xenia boit et mange. Après le riz aux oignons de ce midi, nous avons des steaks lentilles carottes le soir, beaucoup de restes pour demain!

Une fois de plus, je m’acharne en vain sur la pompe à eau de mer qui fuit et a inondé la réserve de bonbon et de thé!

Le soir, lors du quart de Nicolas, le vent remonte en nous surprenant, Guillaume et lui affalent la grand voile puis démarrent le moteur. Et moi resté au sec pendant tout ce temps, réveillé par le bruit des manœuvres ”ben vous mettez pas la trinquette?”

Heureux qui comme Ulysse ….

Lundi 25

Pendant la nuit un bruit apparaît entre le moteur et le carré, on dirait un cisaillement de câble. Je démonte les parois moteurs, la cloison vers les coupe circuits, inspecte, cherche mais ne trouve rien… j’y retournerai deux fois pendant la nuit avant de trouver en 5’ au réveil, comme quoi ce qui n’est pas urgent doit être remis au lendemain ? 

Nous commençons à regarder pour les icebergs… Un mélange d’excitation, de peur, avec pour ma part aussi un sentiment de fatalisme ”à quoi ça sert de se peler le cul pendant deux heures alors qu’il suffit de deux minutes d’inattention pour s’en prendre un”. Mais bon, on ouvre l’œil.

Descente vers l’Antarctique plein cul le matin avec deux ris dans la grand voile et au moteur l’après-midi.

Encore une fois, le vent monte pendant la nuit, au début plein d’entrain nous hissons la grand voile au 3ème ris ainsi que la trinquette mais au bout d’une demi-heure nous nous contentons de la trinquette. Personne n’aime dormir dans un lit dépassant les 20 degrés de gîte.

Premiere vue de l’Antarctique, cela fait froid dans le dos! (au sens propre et figuré)
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Confinés !!!

Début Mars, nous étions parti pour un petit tour dans les glaciers de Cordillère Darwin et passage du Cap-Horn. Pendant deux semaines, nous avons eu un aperçu de la beauté de cette région, des glaciers, des cascades, des fjords et montagnes, une faune et une flore à découvrir. C’est une région sauvage, préservée où la nature s’exprime librement (parfois à pleins poumons!) Un avant goût qui donne envie et deux semaines isolés du monde sans nouvelles de ce virus !

Lorsque nous sommes revenus à Puerto Williams (au Chilli) le 12 mars, nous avons appris l’ampleur de la crise à venir, ayant à bord des équipiers de passage, nous avons décidé de revenir à Ushuaia pour les déposer et refaire l’avitaillement. Le plan était ensuite de retourner au Chili pour laisser passer cette crise dans les canaux de Patagonie. Seulement, le lendemain de notre arrivée à Ushuaia le dimanche 15 mars, le Chili ferme ses frontières, le lundi le confinement commence en Argentine…

Depuis, les seules sorties autorisées sont pour aller faire des courses au supermarché le plus proche; récemment cela s’est durci, nous pouvons sortir qu’un jour entre le lundi et le vendredi suivant le dernier chiffre de votre carte d’identité. Heureusement, nous avons pu aller chercher du gaz mais tous les magasins autres que pharmacies et alimentaires sont fermés. Il y a des barrages sur les rues, et j’ai eu le droit à un premier avertissement solennel pour avoir fait un détour sur le trajet ponton-supermarché…

Coincés sur le bateau, nous aiguisons notre patience! Heureusement, après un an, nous sommes habitués à la promiscuité ! De plus, il est plus facile de vivre dans 20 m² (plutôt 3m² Loi Carrez..) quand vous êtes entourés de montagnes avec vue sur le canal de Beagle, qu’en banlieue parisienne dans un HLM. Nous restons chanceux!

Nous nous occupons comme nous pouvons ; encore une fois sur un bateau, il y a toujours à faire : réparations, améliorations, nettoyage ! Nous avions une grande liste des “choses à faire mais pas urgents” et n’aurions jamais pensé pouvoir autant avancer dessus! 

Ici, nous sommes en automne, les journées sont déjà courtes (8h30-18h30h) et le soleil est bas dans le ciel (nous sommes au 55° Sud). Il fait en moyenne entre cinq et dix degrées la journée mais si le ciel est souvent couvert, il ne pleut pas trop pour l‘instant. Quand le soleil se montre les températures montent vite! D’après les locaux, ce mois est au dessus de la moyenne, il devrait déjà y avoir de la neige, le réchauffement climatique se ressent plus ici. 

Et puis nous sommes pas seuls, il y a 4 autres marins coincés, trois français et un argentin, régulièrement nous partageons un repas tous ensemble. Enfin, il y a le Wi-Fi dans le port ce qui nous permet d’appeler nos proches en visio, de regarder des films et aussi d’apprendre l’espagnol (un peu). On a improvisée une slackline avec une sangle et des anneaux de gymnaste pour pouvoir se défouler un peu.

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Garçons, Une fois de plus, nous revoilà à flot !

Samedi 04 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Nous quittons donc enfin Niteroi, sous un temps clair et un vent léger. La sortie de la baie permet un dernier coup d’oeil vers Rio, le Corcovado, le Pao de Azucar, la vieille ville, les quartiers lapa, gloria, l’aéroport du centre, les plages de l’intérieur botafogo, flamengo et urca puis c’est le passage entre les plages de Copacabana, d’ipanema et l’archipel au large.

Nous partons vers Ilha Grande au sud avec à bord Nicolas et Guillaume bien sûr  mais aussi Stanislas qui nous a rejoint début décembre malgré nos mésaventures et Edison qui nous avait tant aidé à Saquarema.

Je ne souhaitais pas enchaîner les parenthèses, j’ai donc retardé mes remerciements à ce premier jour, promis je serais bref

Merci d d’abord aux brésiliens

Luiz-Carlos qui nous a fait relevé la tête grâce à son énergie et son café 

Edison qui nous a accompagné, supporté, accueilli 

Les squatteurs du lodge abandonné de Saquarema qui m’ont rappelé qu’il y a beaucoup plus grave que de la casse matériel pendant des loisirs

Un immense merci à Stan, qu’on a vu débarquer sur notre plage camping-galère avec des saucissons, du chocolat et surtout sa bonne humeur. Ce n’était pas les vacances prévues mais tu nous as régalé!

Enfin merci à papa et maman, premiers au courant, vous nous avez soutenu à distance d’abord, puis vous êtes venu donner de votre temps pour nous aidera réparer notre bateau. Merci pour votre présence à nos côtés et du travail que vous avez fourni (et merci à mes sœurs d’avoir accepté qu’on les vole pour Noel)

 Dimanche 05 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Après une nuit au moteur, nous arrivons à 5h du matin et mouillons l’ancre dans la baie des palmiers (très spécifique comme nom) à Ilha Grande, Nicolas demande déjà à repartir mais ce sera petit somme et excursion à terre dans la matinée. On part Nico, Stan et moi en courant et chose rare on fait même demi-tour devant un passage qui nous semblait limite! On rejoint Guillaume et Edison sur la plage. Danse la baie, des barques débarquent des groupes de jeunes filles en vacances. Devant tant de tentations, nous remontons vite sur notre bateau! L’antarctique nous attend… bon ce sera d’abord le frère  de Nicolas sur une plage à côté de Paraty.

Lundi 06 janvier 22°58.3S 43°08.6W

Le matin, grâce  à un petit coup de moteur, nous arrivons à une marina à côté de Paraty. On manque de repartir aussi sec, c’est 70 euros juste pour la journée… finalement on peut négocier, ce sera gratuit jusqu’à 14h, il est 11h faut pas trainer! On expédie visite de la ville, adieu à Edison, formalités de départ et courses dans le temps imparti! Puis on mouille un peu plus loin car nous avons rencontré Bertrand un français qui a apparemment un pilote pour nous (pas suffisamment puissant et réactif mais mieux que rien). Nicolas expérimente la technique du point d’ancrage dans la négociation et réussit à obtenir un super prix 50 euros!

Dans la soirée, nous repartons tous les 4 vers Rio Grande do Sud.

Mardi 07 janvier 24°12.2S 44°27.9W

La nuit et matinée se passent entièrement au moteur par manque de vent. Puis Guillaume entends un bruit bizarre et on constate une fumée blanche. On arrête tout, on inspecte le moteur, on voit rien. Le vent s’est levé, on envoie le spi et on passe une super après-midi de glisse au soleil. On se dit que le moteur était chaud et qu’il avait juste besoin d’une pause.

Mercredi 08 janvier 26°09.6S 45°59.7W

Nous naviguons avec des quarts de 2h où nous sommes à tour de rôle responsable du bateau. Si la journée il est rare de faire un quart seul, la nuit il n’y a que vous le bateau et la mer. En conséquence, on aura tous vécu cette nuit différemment, un passage d’orage ou un ciel dégagé, du vent ou pas, qui vient du nord ou du sud. Cette nuit fût fort changeante.

Au matin, au moment de donner la barre à Guillaume, c’est la pétole, nous décidons de mettre le moteur. Très vite l’alarme de température moteur retentit, on coupe le moteur, on ouvre le capot, verdict la courroie de l’alternateur est cassée! On a bien sûr 3 courroies en remplacement mais pas pour celle-ci. On ne peut plus utiliser le moteur car cette courroie entraîne aussi la pompe du circuit de refroidissement…

Impossible d’aller jusqu’à Rio Grande, le port est au bout d’un long chenal étroit et surtout avec beaucoup de trafic.

On se déroute vers Florianopolis qui est plus proche et plus accessible.

Je ressens une vraie lassitude du fait de ces problèmes à répétition.  Comme avant le naufrage, la charge mentale pèse, et je mouline. d’où vient le problème, est ce  que je l’ai provoqué? Comment j’aurai pu l’anticiper ou prévoir la réparation ? La courroie datait de 2005, mais je l’avais remise en place il y a 4 jours. Nous n’avions pas fait de contrôle visuel sur les courroies depuis Port Saint Louis du Rhone, nous avions de quoi remplacer les deux autres courroies et pas celle-ci…  »il n’y a que ceux qui font rien qui ne casse rien » dit le proverbe, parfois mon côté petit gibus ressort  »si j’avais su, je serais pas venu »

Jeudi 09 janvier 27°19.3S 47°25.6W

Au matin, sous l’impulsion de Nico, du vent léger et de notre allure très abattue nous pousse à tester le spi seul, la grand-voile restant tranquillement sur la bombe. Ca glisse doucement sans bruit. Puis le vent forcit et tourne on se retrouve au travers en limite du spi mais c’est rapide. Cela ne manque pas, l’apéro servi distrait le barreur et on part au lof! Sans grand-voile pour le deventer, le spi ne se laisse pas affaler facilement. A la nuit tombée, nous repartons sous grand-voile et génois.

Vendredi 10 janvier 

On arrive en face des plages de Florianopolis (l’équivalent brésilien de Saint Tropez) vers 2h du matin. Oui les arrivées de nuit deviennent notre marque de fabrique!

On essaie d’un côté mais une conversation s’engage à la VHF, nous sommes sur le chemin du dragueur… gentiment ce dernier nous pousse de l’autre côté de l’île. Sans sondeur, dans la nuit on mouille au juge et on ne lésine pas sur la longueur de chaîne. Même si on doit la ramener à la main, on est tous content de faire travailler nos muscles. Certains à bord sont même en objectif  »prise de masse ». Au matin on voit la marina et environ 20 bateaux au mouillage entre nous et la plage, on avait pris une grosse marge de sécurité et on avait bien fait, aucun n’avait de feu de mouillage ! On appelle la marina qui après une tentative en anglais nous passe un français Jérome! A l’aide de ce dernier, on a le droit à une bouée gratuite pour la journée, il nous trouve aussi le meilleur mécanicien du coin. Grâce  à lui, cette halte fût bien efficace, à 17h la famille est rassurée, les courses sont faites, la courroie changée. On repart, on tire deux grands bord pour sortir de la baie, puis on ouvre les voiles vers Rio Grande!

Samedi 11 janvier 28°27.5S 48°29.8W

Une journée sans problème youpee! Enfin juste notre pompe à eau de mer (pour la vaisselle et la cuisson) fuit, rien de grave j’esponge comme dirait Jacouille et ferme la vanne on fera sans. Guillaume répare quelques charnières mais nombre de nos placards se ferment en les coinçant avec des élastiques… Nous croisons un énorme navire de croisière probablement de Buenos Aires  à Rio, malgré les 4 garçons dans le vent a notre bord, nous ne recevons aucun signe de reconnaissance. La prochaine fois on fera comme une équipe de rugby en déplacement, cela attirera peut-être plus l’attention.

Après le dîner, alors que chacun s’occupe avant son coucher, le téléphone sonne! L’excitation s’empare de tous! Cette sonnerie indique que quelque chose a mordu notre appât. On a investi dans une super canne à pêche, alors on l’utilise mais avec peu de succès donc on en parle pas beaucoup. C’est une magnifique dorade coryphene, plus grande que la précédente elle semble aussi plus chamarré. Nicolas s’attèle  à la canne, mouline, lâché du fil, re mouline etc. Il s’agit de fatiguer l’animal. Cependant alors qu’il reste 10m de fil à remonter, la dorade connaît un regain d’énergie elle saute et exécute une vrille puis un autre saut et un autre salto. Au troisième saut, la ligne se détend d’un coup, elle s’est libérée ! On oscille entre la déception d’avoir manqué cette belle prise et le contentement de ne pas avoir tué le meilleur espoir doradien pour la médaille en gymnastique aquatique. Finalement  on avait bien dîné ! 

Dimanche 12 janvier 30°01.4S 49°57.4W

Nous naviguons au près dans un vent léger  et surtout sans vagues. C’est calme, facile et agréable. Nous bloquons la barre avec un élastique et un bout, cela remplace notre pilote. Nous croisons des trains de chalutiers qui se suivent, il faut bien choisir son passage! Et pour la première fois au Brésil, j’aperçois des éoliennes!  Un, deux puis dans la nuit un troisième champ, les longues plages que nous longeons doivent bien s’y prêter. 

Comme hier, après dîner, le téléphone retentit à nouveau mais ce n’est pas un dorade, un cousin du bar peut-être ? On le remonte sans difficulté et on le dévore dans la foulée. 

Dans la nuit sans vent, nous avons démarré le moteur. Vers la fin de mon quart, soudain il monte dans les tours puis redescend. C’est le signe qu’il a finit son réservoir, vite je bondis pour l’arrêter mais pas suffisamment rapidement … à 3h du matin, je sors donc les jerricans des coffres arrières et je fais le plein, puis avec Guillaume on démonte le capot moteur et on purge l’air du moteur. Seulement on le fait que sur un des 3 injecteurs,cela reste donc assez inefficace, le moteur ne démarre pas. Une fois que tout le monde est réveillé, la solution émerge et malgré un bruit étrange du démarreur, c’est reparti! Super la nuit ….

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Decembre 2019: Rio ne réponds plus

Après de belles péripéties sur la route depuis la plage de Saquarema, nous sommes arrivés au Clube Naval de Charitas à Niteroi le 10 décembre 2019. Nous nous sommes de suite attaqués aux nombreuses réparations.

Notre Code Rouge coincé, notez les roues en l’air de la dépanneuse

La coque n’avait subi aucun gros dégâts, pas de déminage, ni de trous, il suffit d’une bonne couche d’epoxy là ou le sable et les bambous avait laissé leur marque (note pour plus tard ne pas tirer un bateau sur un lit de bambous. Note² ne pas mettre un bateau sur une plage). Nous appliquons aussi un nouvel antifooling, noir. Ca change ! Les hublots tribord ayant explosés sous les vagues, nous fixons des lattes de bois pour clore ses ouvertures, l’esthétisme du pont en prends un coup, mais tant pis ça marche!

À l’intérieur, nous devons refixer tous les meubles qui se sont décollés de la coque lorsque celle-ci travaillait couchée sur le sable. Nicolas sacrifie ses poumons en résolvant ce jeu de puzzle a grand renforts d’epoxy.

Le sable… parlons en! Nous avons vraiment bien choisi notre plage! En plus d’être un spot de surf reconnu et donc d’avoir de belles vagues ayant aggravé notre étalonnage et cassé nos hublots, Saquarema possède  un sable blanc extrêmement fin qui s’est infiltre partout. Nicolas va retirer 20 seaux de 20L de sable de nos ballasts… tout le bateau est à desabler, un mois et 3 lavages complets plus tard, nous en retrouvons encore… Tout l’accastillage sera démonté, nettoyé, graissé, remonté et pourtant cela reste moins fluide qu’avant. 

Nous remettons en place les batteries et testons les différents équipements électroniques, adieu centrale de navigation, contrôleur de charge éolien, régulateur solaire et certaines lampes. Mais nous sommes surpris l’ensemble a plutôt bien résisté. Mes parents venant passer Noël avec nous, nous allons charger leur valise avec ce qui a cassé.

Ca ressemble à ça une culasse de moteur

Nous confions aussi un gros chantier moteur à un mécanicien, celui sera ouvert jusqu’à en sortir les pistons! Deux sur trois étaient cassés, d’où notre surconsommation d’huile! On change tout ou presque! Les pistons, les segments, le joint de culasse, les joints des injecteurs! On contrôle la pompe a eau de mer, tout va bien. On installe un antisiphon (pour éviter l’eau qui rentre dans le moteur a l’arrêt). Les filtres ayant été changé à Joao Pessoa, ils attendront leur tour.

Avec l’aide d’un artisan local de 70ans, nous remettons aussi la quille en place! Le 30 décembre, on remets le mât et le bateau retrouve son élément dans la foulée! Le plus gros est fait, et c’est un vrai soulagement, curieusement le plaisir n’est pas encore là. Le reste de la semaine, c’est du rangement, du nettoyage et des tests (et une sacrée gueule de bois le premier jour de 2020).

Le jeudi on sort enfin les voiles et nous faisons enfin quelques tours dans la baie de Niteroi. Depart prévu pour le vendredi ! 

Je fais une parenthèse pour narrer la dernière aventure de cette remise en état de Code Rouge, cela pour vous donner une idée plus précise du déroulement  »classique » de nos travaux. Attention, c’est long, difficile à suivre et pas forcément intéressant mais ça rend bien compte de comment on occupe nos journées quand on répare. L’alternateur donc, entraîné par le moteur il nous permet de recharger nos batteries même sans vent ou soleil. Nous avions fait testé le notre en arrivant à Niteroi, résultat annoncé negatif.  Nous avons mis en place celui de rechange. On teste mais nos batteries ne se rechargent pas. Le mécanicien revient, la borne negative du nouvel alternateur ne fonctionne pas. On s’en sort en branchant a celle du moteur, on arrive à voir du courant en sortie d’alternateur! Seulement, nous avons un bateau particulier, unique! Comme tous les bateaux, nous avons deux batteries, une moteur (dédiée au moteur) et une  »maison » (frigo, système son et home cinema). A la différence des autres bateaux, nous avons un régulateur entre l’alternateur et les batteries qui permet de repartir la recharge en fonction de la charge de chaque batteries. Normalement, il y a un répartiteur de charge, le moteur recharge d’abord la batterie moteur puis la maison et la fonction régulateur est intégré a l’alternateur (comme sur une voiture).

Selon le mécanicien, notre ancien alternateur ne fonctionne pas, et le nouveau installé semble ok mais c’est notre régulateur qui ne marche pas. Peut-on retirer le régulateur du bateau? Oui mais sans répartiteur, il faudra charger uniquement une batterie. Bref la journée passe vite en découvrant tous ces aspects, il est 5h ce vendredi après-midi quand en appelant l’ancien propriétaire Yogi, il nous rappelle qu il y a un régulateur dans les alternateurs et que lui a du retirer celui de l’ancien alternateur! On court rattraper le mécano pour qu’il remonte et nous rende notre ancien alternateur qui ne peut fonctionner sans le régulateur du bateau… comme pour vous dans ce paragraphe, on tente de lui expliquer le montage et le cas spécifique de Code Rouge avec la langue en difficulté supplémentaire! Il maugrée (pas sûr  qu’il ait compris … l’avez-vous?) Mais nous donne l’ancien alternateur à remonter.

Nous fixons celui-ci au moteur recommençons les tests… rien ne marche, le régulateur indique une température batterie trop haute… bon il est tard, nous levons le stylo! Nous avions décidé de partir le lendemain et nous avons un plan b remonter le nouveau alternateur sur uniquement la batterie moteur et débrancher notre régulateur. J’avais quand même arrangé un rendez-vous avec un professionnel pour le lendemain 9h sorte de dernier recours! Le samedi nous le retrouvons, on lui explique la situation, il occulte le tout moteur alternateur régulateur.il nous repare une connexion qui avait la bougeotte (efficacité au fer à soudé level 100 vs nous). Mais rien ne marche… je suggère alors de débrancher le capteur de température batterie, et hop le régulateur se met gentiment à fonctionner… on a passé plus de 24h sur un capteur défectueux… mais le problème est résolu et notre compréhension du bateau progresse à chaque étape!

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… tout disparaîtra

Le jeudi 28novembre vu par Hubert

Apres un réveil matinal, sur une belle plage d’Arraial de Cabo Frio, nous décidons de tracer vers Rio. Nous visons d’arriver vendredi matin afin d’écumer les bars tout le week-end. L’ambiance est détendue, depuis notre arrivée au Brésil, les conditions de navigation sont excellentes. Nous avons du vent au largue serré (~100° d’angle entre le vent et la direction du bateau) ce qui nous assure une belle vitesse, du soleil, aucun nouveau souci (même si nous n’avons toujours pas de pilote automatique et que nous limitons le moteur pour pas l’user).
Le matin, un vent faible et face nous aide à contourner l’île de Cabo Frio, et dans l’après-midi, nous nous apprêtons à tirer des bords vers Rio, et nous ne mettons personne de quart pour la première fois du voyage… Vers 17h, Guillaume dort, Nicolas lit Virginie Despente et je regarde la part des anges, nous sommes tous les trois à l’intérieur. Or nous sommes sur un bord à la côte, il y a environ 15 nœuds de vent de sud est et quelques gouttes de pluie. Soudain, nous talonnons! Notre quille touche le banc de sable à environ 300m de la plage, nous sortons, choquons les écoutes, essayons de virer impossible.
On démarre le moteur, il ne peut rien non plus. Les vagues implacables nous pousse toujours plus à la côte… le bateau est bien gîté, la quille raclant le fond, nous arrivons (ce n’est pas le bon terme mais bon) sur la plage de Saquarema par le safran tribord qui se casse sous la contrainte. Nous stoppons le moteur, le bateau est à une vingtaine de mètres du bord, couché (les ballast tribord se sont remplis d’eau).
C’est la merde.
La suite des événements est un peu flou dans ma tête, je me souviens de questionnements sur ce que nous devons faire pour sauvegarder le maximum, d’une débauche d’énergie pour les actions décidées, de moments d’abattement au vu des conséquences de mon irresponsabilité…
Le jour tombe, nous avons mis notre grosse ancre et 50m de chaîne sur la drisse de spi. Nous avons appelé les secours (par téléphone car personne ne répondait sur le canal 16 de la vhf). Nous avons commencé à vider le bateau pour mettre à l’abri de l’eau. Nous sommes en combinaison néoprène, nos affaires s’entassent sur la plage, il pleut et on perd nos frontales une a une. Bref c’est joyeux et heureusement l’activité nous réchauffent et occupe l’esprit. Nous déplaçons nos affaires hors de portée de la marée haute, couvrons autant que possible avec une voile ce que nous devinons craindre l’eau (il fait nuit je vous rappelle). On monte une tente. Un ange arrive, Luiz Carlos Sanchez, gardien de plage qui dépensera une énergie folle à nos côtés cette nuit la et toute la semaine à venir.
Les secours arrivent en 4×4, nous annoncent qu’il faudra venir faire les déclarations d’arrivée des que possible, qu’ils n’ont passe bateau pour nous tirer de la. Des locaux nous aident à tirer nos affaires du bateau et s’emparent de nos réserves d’alcool. Tout ça nous occupera jusqu’à 3h du matin.

Le jeudi 28 novembre et la suite par Guillaume

« Mais on est trop confiant trop fatigué trop habitué à notre routine. La mer la vie ne se traverse pas sans regarder où on va, il faut faire son chemin. Un grand choc et puis la panique le bateau à 45° on s’affaire sur le pont affaler les voiles faire gîter le bateau moteur à fond. On a touché le sable du rivage. Mais les vagues sont trop fortes l’hélice est déjà hors de l’eau et le bateau vient comme un bout de bois remonter petit à petit sur la plage. Message de détresse, fusée, le naufrage. Et puis l’adrénaline va devenir notre pain quotidien, une semaine de galère. Les vagues sont énormes les deux premiers jours. Des vitres explosent et le bateau se rempli d’eau puis de sable. On entends craquer, on vide le bateau démêlons les bouts en étant projeté à chaque vague sur le pont du bateau maintenant presque à 90° du sol. « 

Des nuits courtes sur là plage et des journées immenses sous un soleil qui marque la peau dès 8h. Mes lèvres ont explosés le deuxième jours. Mon frère et Nicolas ne supportent plus d’entendre le bateau craquer et décident de sortir le bateau par la terre. Je voulais sortir par la mer mais les vagues des premiers jours paraissaient infranchissable . Après la mer s’est calmé pas la terre. Combien de tâche toujours plus stressante plus éprouvante pour le bateau et pour nous qui impuissant mais affairé passons nos journées ce monde étrange des naufragés. Les gens nous apportent à manger ou viennent prendre un selfi devant ce spectacle. Tirer le bateau par deux tractopelles creuser un trou pour enlever la quille, tirer le bateau jusqu’à un chemin praticable, enlever le mat et charger le bateau sur une remorque. Combien de fois on a pensé perdre encore plus le bateau ? Tout les jours vraiment parfois plusieurs fois. Meme le trajet pour Rio était digne d’un oss117. Mais le cœur des gens nous a aidé à garder a garder le moral. Ils travaillent comme des bovins mais ils sont très gentils.

Pour avoir plus de détails sur les événements (du bateau) :
Lors de notre dernière navigation nous n’avions pas donné de quart c’était une journée qu’on a pris à la cool et personne n’était dehors ou ne vérifiait la cartographie activement.
La puissance des vagues sur la plage du naufrage ne nous a pas laissé la moindre chance de sortir seul et c’était la marée haute. Un banc de sable d’environ 50 mètres nous séparait de l’océan et provoquait plusieurs barres de vagues.
Il y avait bien une grande marée 3 jours après notre arrivée. Mais en tentant d’ancrer le bateau par l’avant face aux vagues sans succès il s’est calé offrant son flanc.
Les vitres du bord exposé vont exploser et le bateau se remplit d’eau et de sable le deuxième jour, alors tout craque. En réalité ce ne sont « que » les meubles du bord en question mais sur le coup ces bruits nous paraissent funeste.
On accepte l’aide de deux locaux et de leurs tractopelles pour sortir le bateau en le tirant sur la plage, nous ne sommes pas les premiers, ils ont donc une expérience en la matière.
La première nuit ayant été épuisante, nous manquons de lucidité et on arrache un taquet avec le tracteur. Finalement en tirant par la quille et le davier à l’avant, le bateau glisse jusqu’à la dune sèche de la plage, premier pas et soulagement.
La manœuvre pour enlever la quille est très pénible, celui qui travaille avec son tracteur est aussi délicat que son outil et la communication très difficile. Quelques tiges filetées qui tiennent la quille sont tordues dans l’opération et la couche superficielle de la coque est marquée par la pelle hydraulique…
Puis le bateau est littéralement traîné sur 500m pour atteindre un endroit où le charger sur un camion.
Le démâtage se fait plutôt bien.
Le chargement sur la remorque est en revanche un nouveau cauchemar. Le bateau à moitié posé sur la remorque à moitié tenu par les pelles/grues, le camion s’embourbe et ne peut plus manœuvrer. Après quelques péripéties bien désagréables on « réussit » à tirer le bateau sur la remorque comme une baleine morte. Enfin c’est fait avec une nouvelle cicatrice pour la coque…
C’est fait, c’est fait reste encore le trajet pour Rio…. Départ à 1h pour 50 km, le chauffeur est un gag, il n’a absolument pas prévu d’itinéraire… On s’engage dans une pente à 15°, il change de vitesse aux pires endroits ça sent bon l’embrayage et puis à un virage ça ne passe pas, certaines roues motrices font du hors-sol. Mais il décide de laisser quelques traces de gomme pour être sur. Alors jolie descente en marche arrière nouvel itinéraire par le centre ville. Voie de bus alors que le jour s’est levé on a perdu du temps et voila que la ville s’anime. Un virage qui semble difficile Nicolas avise le chauffeur que c’est le moment propice pour manœuvrer, ce dernier est plutôt dans la percussion et se met à cheval sur le terre plein, bloqué. Un camion poubelle nous sort alors que le notre laisse de nouvelles marques sur la chaussées.
A présent escortés par la police municipale on finit le trajet.
Nous voila à sec dans le port où nous allons réparer notre bateau

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Le vent nous portera…

Salvador, la ville représente toute la mixité une des facettes du Brésil. On a passé 2 semaines la bas. C’est l’ancienne capital et la ville où arrivaient les esclaves d’Afrique. Elle est resté tres differente des autres endroits que j’ai vu de Brésil. Beaucoup plus africaine, plus populaire aussi. Les vielles bâtisses coloniales sont en ruines ou presque. A côté, des favélas frôlent de nouveaux immeubles modernes. Je pense qu’on a pas vraiment réussi à sentir la ville comme si elle se cachait d’elle meme. Les quartier ancien sont à l’abandon et le centre touristique est au cœur de ces quartiers. Nous avons quand même visité un musée admirable sur la culture africaine au Brésil notamment leur religion. Il y avait des divinités sculptées sur bois fantastiques.
À part une soirée open bar où on a vraiment profite et dansé le reste de mon séjour était un peu frustrant. Les quartiers où on pouvait faire la fête étaient loin mais surtout redevenait assez classique pas vraiment local pas populaire. On a pas réussi à entrer dans cette ville.

Et puis on a visité la baie absolument splendide de petites îles verdoyantes. Toute une journée à naviguer dans un grand lac tropical, le rêve.

Enfin on est parti pour une semaine de navigation pour Victoria toujours plus au sud.
Très tranquille le bateau filait avec un vent parfait. On a fait deux petites haltes, une pour dîner et une pour faire quelques courses. Mais pour cette dernière escale pas de port alors on se lance pour un débarquement périlleux en annexe sur la plage. Contre toute attente et malgré notre préparation mentale tout le monde à l’eau et l’annexe sur la tête. Petites courses, et rebelote cette fois face aux vagues notre commando passe.Cette nouvelle région est sans doute la plus riche qu’on ait traversée, l’opposé de Salvador. Les gens sont beaucoup plus blanc, les filles refaites et les immeubles modernes.
On a vécu la bas le sacre de Flamengo le club fétiche du Brésil dans leurs ligue des champions. Imaginez la folie. On a passé 4 jours génial piscine sauna soirée et on est reparti au sud direction Rio!!

Super voyage beaucoup de vent on pêche une dorade magnifique qui va nous donner 2 jours de repas délicieux. Maki, poisson frit, pané, et bouillon. Puis on décide d’aller passer une nuit au mouillage dans une baie avant d’aller à Rio. Entouré de montagne vierge l’endroit me rappelle la Corse pour l’odeur mais tellement plus vert. Le réveil est délicieux pour les yeux mais un peu tôt, 5h, car la police nous trouve trop proche de la plage. Trop impatient de découvrir Rio on ne se recouche pas. Le vent a tourné le ciel est couvert et l’air très froid. On passe Cabo Frio. Ce vent frai vient presque de Rio et nous oblige à tirer des bords. On connaît la musique et puis à cet angle au vent on peut facilement bloquer la barre et Ca nous évite d’être toujours dehors. Un bord vers le large, un bord vers la côte on est à 50 km de Rio de copacabana du pain de sucre et toute ces petites montagnes dans la ville.

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Notre transat sur Code Rouge: Deuxieme semaine

Vendredi 11
Je passe une nuit agitée avec une crise d’allergie, l’humidité du matelas, le lait en poudre, le boudin noir portugais sont les suspects. Guillaume assume le rôle d’infirmier avec brio, il me rassure, me donne un cachet de cetirizine, je ne dirai pas tout va bien mais ça va mieux.
Toute la fin de nuit et la matinée nous avançons à la voile, puis moteur par intermittence. Quelques orages nous passent, journée classique en somme. Le vent tombe avec la nuit, le moteur va de nouveau être sollicité. Petit pois carotte ce midi, purée saucisse le soir, on est à la cantine!
Soudain j’aperçois un évent et un deuxième ! C’est des baleines ou peut-être des cachalots on les rattrape on tourne autour, ils continuent leur route imperturbables. Ils plongent puis réapparaissent dans notre arrière on retourne les chercher. On se demande leur vitesse de pointe, leur capacités d’apnée, comment faisaient les chasseurs en barque, sont ils en train de dormir? Une belle rencontre néanmoins!

Samedi 12
En théorie, nous sommes sortis du pot au noir, effectivement il y moins de calme et nous avançons au près dans un vent qui parfois monte jusqu’à 20 noeuds mais en moyenne plutôt vers 10. Beaucoup de prises et de lâcher de ris, les quarts s’enchaînent. Nos journées s’écoulent jamais vraiment monotones jamais vraiment nouvelles. Nous progressons lentement aussi notre environnement change à la même vitesse. Hors quarts, chacun s’occupe, lecture, films, jeux vidéo, cela ressemble à un dimanche pluvieux à la maison. Heureusement quelques débats (chasse, tel acteur, existe il des nuages du matin et des nuages du soir…)viennent ponctuer ce temps qui passe, le plus souvent ils meurent de la limite de nos connaissances qui arrive assez vite.
Cette nuit un oiseau est venu se poser sur notre bateau! Il a commencé par se cogner contre les filières pour finir sur le bout dehors, l’endroit le plus accessible mais aussi le plus humide… il s’est installé et lors du quart de Quentin, il marchait même sur le pont.

Dimanche 13 
Cela fait deux jours que nous devrions être au travers dans 15 nœuds de Sud Est, et à la place nous avançons péniblement au près dans 10 nœuds de Sud Ouest, exactement notre direction. Je vais recharger une météo mais sans compter dessus ca fait deux jours qu’elle est aux fraises… Comme prévu, aucun modèle ne prévoit le vent qu’on a. Je vais finir par donner raison à Nicolas qui fanfaronne « de toute façon, la météo c’est de la merde, j’ai lu un bouquin d’un mec qui a fait cette route y a 50 ans, il a fait que du près ».
Dans la matinée je commence le nettoyage des coffres arrières, je vais devoir attendre qu’on vire pour finir. 
Je développe un rapport au temps assez étrange, tous les jours il faut trouver une réponse à : qu’est ce que je vais bien pouvoir faire aujourd’hui ? 
Enfin le vent a tourné, il est maintenant à 60° de notre route, on est toujours au près mais au moins on ne tire pas de bord. Et non il n’a pas rattrapé la météo, l’écart s’est amplifié au contraire. L.O.L. comme disent les jeunes.

Lundi 14
J’ai fini de nettoyer le coffre arrière, plein d’eau et de diesel…. il faudra vérifier quel jerrican fuit et refaire l’étanchéité des coffres.
L’après-midi est compliquée, nous avons eu une alarme sur le niveau d’huile du moteur, seulement pour refaire le plein et surtout le niveau il faut un moteur froid. On a donc attendu dans un trou de vent sur un mer hachée, pas le plus agréable. 
Le vent est monté dans la soirée et dans la bonne direction ! Nous pouvons faire cap au Sud Ouest dans une brise établie!
Nous assistons aussi à la chasse des fous de Bassans! Enfin d’oiseaux blancs, tête jaune et extérieur des ailes noir, je pense que c’est des fous de Bassans. Ils suivent Code Rouge qui fait office de rabatteur en faisant décoller des poissons volants. A ce moment, les fous plongent en piqué puis rétablissent pour tenter de rattraper le poisson. Superbe mais pas si efficace que cela même si en persévérant ils finissent par y arriver.

Mardi 15
Enfin! Une journée entière avec du vent d’alizé ( Sud Est 15 noeuds) avec des passages de beaux nuages qui le font monter à 20 parfois 25 nœuds.
Malgré un courant contraire (et forcément contraire à la théorie), nous avançons bien! 
C’est la journée du passage de l’équateur à 10h, que nous célébrons comme il se doit ou plutôt comme nous pouvons. Quentin officie en tant que Poséidon pour le traditionnel verre d’eau de mer, que nous rincerons avec un grog capverdien et la canette de bière rescapée que nous partageons tous les 4.
Nous continuons les réjouissances avec des pizzas ce midi et même des m&m’s en dessert! 
L’après-midi, les quarts se suivent toujours sous des passages forcissants. Nicolas fait le singe dans le mât pour aller récupérer le lazy jack (un montage poulie et garcette facilitant l’affalage de la grand-voile) ainsi qu’une drisse de pavillon au niveau des premières Barres de flèches. Le coffre arrière étant enfin « propre » et accessible je peux aller tester le vérin du pilote automatique. Il ne s’actionne pas, ce qui peut être une bonne nouvelle pour le calculateur ! Ce dernier est peut-être fonctionnel ? Réponse au prochain épisode… je le déloge et je verrais demain au sec ce qu’il en est!
A part ça, c’est la routine! Je crois qu’on a tous hâte d’arriver!
Normalement dans deux jours c’est Fernando de Noronha, une île réserve au large du Brésil. Cela coûte un bras (110e par personne par jour) mais bon ça doit les valoir. Bien entendu, aucun d’entre nous s’est penché sur la question. Qui vivra verra!
Nous finissons la journée avec une bouteille de vin en apéro suivi de pâtes l’huile et ail. Nicolas et moi évoquons nos amis parisiens, un de nos amis a annoncé son mariage, nous allons le manquer… Ils nous manquent bien sûr, nous regrettons de n’avoir pas fait de fête d’adieu. J’espère que la distance prise s’estompera au retour. Cela dit si je pense à un apéro vin fromage amis, je ne saurais lequel des trois me manquent le plus en ce moment!
Le vent est établi à 20 nœuds, nous avançons confortablement au travers sous 3 ris et petit génois à 5 noeuds.

Mercredi 16
J’ai assez mal dormi, l’humidité ambiante est vraiment désagréable, je n’avais pas du tout anticipé cela. Au réveil je sors le matelas et hisse la housse dans les haubans pour faire sécher le tout. On verra si c’est efficace. Encore 1 jour et demi avant Fernando.  Notre ordinaire se monotonise lui aussi, je « cuisine » une salade riz champignons maïs haricots verts thon, comme la veille…
Le vent monte, nous naviguons grand voile haute, petit génois et trois ballasts bâbord, nous filons quand même à 7 nœuds travers au vent. C’est un vrai plaisir de barrer, le bateau est gité mais stable, rapide et réactif. A l’intérieur, cela reste viable malgré la chaleur moite, il faudra penser à un système d’aération. Nous envoyons des draps dans les haubans pour les faire sécher. En fin d’après-midi, ça retombe je vide le ballast arrière mais oubliant de refermer toutes les vannes, les autres vont se vider pendant la nuit…
Dans la soirée, Nicolas tente d’échapper à un nuage, s’il esquive la pluie le vent lui l’a rattrapé, nous passons sous 2 ris (notre surface de grand voile est diminuée de moitié).

Jeudi 17
La nuit est rapide, sèche sauf embruns, au matin nous sommes à 50 miles de Fernando, et comme nous avançons toujours à 7 nœuds de moyenne, cela diminue rapidement. 
A 10h Guillaume prenant son quart repère le pic et les deux collines de l’île. Quentin, Nicolas et moi étions accaparés par le tanker qui nous passait devant…Cap dessus! Il reste 18 miles! 
On passe sous une première île, puis on déboule au milieu du mouillage et la surprise il y a facilement une centaine de bateaux… mouiller l’ancre va s’avérer complexe. Le tuyau de la pompe à ballast se déloge quand on essaie de les vider, résultat: des centaines de litres d’eau à sortir du bateau. Et il n’y a plus beaucoup de place, nous repérons un premier trou mais qui s’avère trop petit, on recommence et cette fois c’est la bonne!
Ca y est! Après 15 jours de mer, nous sommes au bout de notre transat. Il nous faudra galérer à ramer contre le vent pour toucher la terre mais les sourires sont larges lorsque nos pieds foulent le sable. J’avais presque envie de continuer mais le manque de lait, de chocolat, et de fruits est fort.
On s’installe à un bar pour déguster la Corona célébrant la fin de la transat, les formalités attendront. En annonçant un problème moteur et notre envie de repartir le lendemain, nous réussissons d’ailleurs à ne pas payer pour le mouillage ou le droit de passage sur l’île. On s’attendait à 100€ par jour et par personne alors c’est un soulagement bienvenu.
Le soleil se couche dans un autre bar avec vue, et nous découvrons la vie nocturne de l’île, il y a un planning des soirées tournants entre les bars, ce sera donc concert de reggae. Ca tombe bien c’est le style préféré de Nicolas… ou pas. Mais peu importe finalement, nous sommes restés confinés à 4 pendant longtemps, danser, parler avec des inconnus, se déplacer sur plus de 10m cela nous manquait.

Vendredi 18
Au réveil, Nicolas et moi partons découvrir l’île, Quentin part la découvrir à moto, et Guillaume se détend peinard. Fernando de Noronha fait 10km de long sur 3 de large, la moitié est un parc naturel où l’on ne peut rentrer sans guide, nous nous contenterons du reste! Au pied du Pico Morro (le point culminant un phallus rocheux de 300m), nous plongeons sur la plage de Boldro et la nous prenons une claque. Je n’avais jamais vu autant de poissons différents aussi concentrés, de toutes les couleurs (des arc en ciel bling bling au camouflage tacheté), de 5 cm à 1m, chacun avec sa nage. C’est un moment privilégié, une tortue se laisse accompagner sur 50m. En sortant de l’eau, j’éprouve un sentiment de joie profonde et de gratitude. Nous longeons la côte de plage en plage, la beauté de ses baies nous précède. C’est après 6h de balade (et une excursion illégale dans le parc mais chut!) que nous nous posons pour grignoter un sandwich et une glace pour 25€… Et oui vie sur l’île est très chère, la plupart des touristes sont des brésiliens très à l’aise. Difficile de trouver des bières bouteilles à moins de 4€. (On a le référentiel de prix qu’on peut)

Samedi 19
Nous repartons de Fernando! Chacun a su profiter l’île à sa manière ! Après un déjeuner saucisse frites sur la plage, nous relevons l’ancre et longeons l’île sous génois seul pour la contempler un peu plus. Il fait un joli temps pour partir, le vent est bon, le soleil haut, et le moral aussi. Vers 15h nous sortons des dévents de l’île, la grand voile monte sur le mât et c’est reparti pour le dernier saut de puce de notre transat.
Au bout de deux heures, sous l’influence du vent forcissant et de la nuit tombante, on prend deux ris. les premières nuits en mer ne sont jamais vraiment reposantes, il faut se réhabituer aux bruits à la gité et aux quarts.

Dimanche 20
La journée commence doucement, grasse matinée pour certain, chill sur le pont pour d’autres. En fin de matinée, nous remettons la gv haute et avançons à 6 nœuds vers Jao Pessoa en route directe, tout va bien a bord. Nous profitons des courses faites à Fernando pour déguster des sandwichs! Je dis bien déguster, nous étions tous en manque de pain, de fromage et de jambon!
Tout va tellement bien à bord que sous l’énergie de Guillaume, nous essayons de faire du wakeboard derrière le bateau. Après quelques essais de mise au point, nous sommes rodés  et c’est un plaisir de se faire tracter en mer à 150nm des côtes! 
Le soir, c’est saucisses purée, toujours les mêmes questions sur la quantité, soit disant je peux pas en faire trop… il en restera pendant 24h!
A 22h nous prenons deux ris pour la nuit, le vent qui forcit et aussi pour ne pas arriver trop tôt.

Lundi 21
Assez tôt, nous apercevons la côte ou plutôt la ville! C’est New York, il y a des dizaines de tours! Nous qui pensions arriver dans une petite ville…. Et on se retrouve face à un champ d’immeuble tout le long d’une grande plage.
Nous devons rentrer dans le fleuve pour atteindre la marina, mais le vent tombe et nous sommes devant le chenal … Très lentement, en tirant de nombreux bords, nous remontons la rivière et arrivons à la voile jusqu’au ponton! Je n’y croyais pas du tout jusqu’à la dernière risée (rasade comme dirait Quentin) adonnante qui nous permet de toucher quai!
L’accueil de la marina est excellent, Francis, Jean-pierre et Nicolas sont prévenants et organisés! Quels sont les formalités à faire, ou trouver ceci, cela, qui sont les bons artisans ils ont toutes les réponses! Et de plus la cuisine de Jean-pierre est succulente! L’après midi, il y a un gros chantier rangement nettoyage de fond en comble par Nicolas et moi! C’était bien nécessaire!

Je ne sais pas s’il y a une conclusion à tirer de cette traversée à 4 sur Code Rouge.
En tout cas, la prochaine fois, nous ne lésinerons pas sur les petits plaisirs culinaires, nous ne ferons pas d’apéro la veille d’un départ, nous nous documenterons sur les oiseaux, poissons, et étoiles que nous croiserons, nous aurons un système d’aération, ainsi qu’un pouf pour barrer poseyyy (Il parait que ca s’ecrit comme ca maintenant) et nous en profiterons pour faire d’autres nouvelles bétises.
Au niveau des soucis techniques, nous avons consommé un plein d’huile en 50h de moteur (c’est potentiellement très grave), nous avons une fuite de diesel sur le capot de la pompe d’injection (c’est pas très grave mais pas écolo), nous n’avons toujours pas d’anti-siphon ni de clapet anti retour (cela peut être grave mais le risque d’occurence est faible). Bien sur notre pilote fait des siennes de nouveau, le verin fuit de l’huile et le calculateur a de nouveau un court circuit, comme à l’arrivée à Las Palmas… Notre GPS a un court-circuit. Notre capot avant et notre pied de mât ne sont pas étanche (et non ca ne facilite pas l’aération), 2 de nos chandeliers doivent etre refixés.


La suite au prochain numéro!


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Notre transat sur Code Rouge: Première semaine

Mercredi 02 le départ
Réveil de très bon matin pour regarder la france battre les usa au rugby, toujours un plaisir. Nous avons tous un belle gueule de bois après une chouette soirée d’au revoir. D’abord nous avons reçu les français sur notre bateau, Alain et ses drôles de dames, Michel et son équipier(?), Bernard et un ouessantais, les deux vieux loup de mer ou piliers de bar (est ce que l’un implique l’autre?). Un première partie de soirée se passe avec terrines,vin et saucisson, ambiance de partage sympathique même si Nico et moi avions la moitié de la moyenne d’âge du reste du groupe. Pendant ce temps, Guillaume et Quentin ont préparé la deuxième partie de soirée. Ils nous rejoignent sur la fin au moment où le dernier invité nous parle de ces soucis gastriques qui risquent de précipiter un retour en France. Énorme fou rire de Quentin qui avait une discussion d’une toute autre teneur avec nos voisins italiens! Ces derniers se joignent à nous pour la suite de la nuit. Il y a Guilio dit Veccio le capitaine cheveux blancs large sourire l’assurance et la classe italienne, il t’adresse un mélange d’italien et d’espagnol sans se soucier de ta compréhension. Avec lui, son équipier peu bavard ne parlant qu’italien et Pere un bateau stoppeur de Malaga qui voyage avec eux depuis les Canaries vers le Brésil. Les conseils avisés de Vecchio sur le littoral brésilien (et les femmes brésiliennes) tout cela se mêle et s’arrose des dernières bières et bouteilles de nos bateaux respectifs. La nuit nous emmène jusqu’à des incroyables spaghettis pesto servis par le chef Veccio pour conclure une belle soirée! La prochaine fois nous ferons ça l’avant veille du départ… Le matin donc et malgré le souvenir persistant de l’éthanol ingéré, nous faisons les dernières courses, les derniers au revoirs téléphoniques et laissons à Guillaume le temps de revenir dans la course! Attention pour la caméra, moteur et action! Nous partons pour (on l’espère) deux semaines de transat vers Recife au Brésil. Sortie de la baie, on hisse la grand-voile puis le génois, je lance déjà un « on envoie le spi? », l’équipage avec raison modère cette ardeur peu prudente après 3 semaines à terre et peu de sommeil en réserve. Je m’installe néanmoins à la barre sous génois, ca file en papillon sous 15 noeuds de Nord, on slalome entre les îles de Sao Vincente et Santo Antao. Puis nous nous retrouvons dans la pétole… le pot au noir déjà? Les fichiers météo ne prévoyaient pas cela du tout (de la science-fiction tout cela clame Nicolas) et en plus le pilote qui marchait en début d’après-midi fait de nouveau des siennes… On réunit le conseil d’équipage sur fond de calcul d’autonomie en eau, en diesel, de quart sans pilote finalement on décide de continuer mais pas de moteur tant qu’on est pas au pot au noir. On dérive puis dans la nuit le vent revient.

Jeudi 3
Après une nuit bien méritée et surtout nécessaire, une nouvelle journée s’annonce sous de meilleures auspices. Nous avons une brise faible mais suffisante pour avancer à 4 nœuds, tantôt au sud, la plupart temps à l’ouest. Ca tombe bien, c’est notre intention de faire de l’ouest jusqu’au méridien des 27°W. A cette longitude, le pot au noir semble plus serré et c’est dans cette zone que tout le monde passe (les coureurs du Vendée Globe, de la transat Jacques Vabre, nos pairs quoi!). Nous essayons de diagnostiquer le pilote mais pas de souci jusqu’à la sortie de la carte puissance… nous utilisons notre joker « envoi d’un mail à un ami » et attendons la réponse de SMCC. Pour nous consoler, Nicolas nous mijote une purée saucisse pimpée à la soupe d’hier et aux oignons!

Vendredi 4
Du vent d’Est bien établi qui correspond aux prévisions, une matinée nuageuse qui ménage notre peau, que demande Code Rouge? Le spi est sorti, le cap est mis au Sud et les sourires fleurissent. Il y a une telle ambiance printanière que Quentin fait une lessive! Dans la foulée sous son quart, nous pêchons non pas un, ni deux, mais bien trois poissons de taille et famille différentes mais nous sommes bien incapables de les distinguer… sont-ils comestibles ? Réponse demain! Après pêche durable avant tout, nous enlevons les lignes, ce n’est pas la flemme ou la fatigue des affalages et renvoi de spi qui raisonne ce choix non non. L’après-midi s’écoule à belle vitesse sous spi. On retiendra la courge achetée à mindelo qui nous offrit un déjeuner et un dîner presque gourmets. La nuit tombe vite, on affale le spi avec habitude et dextérité. Elle s’écoule de quart en quart sous les étoiles qui disparaissent parfois sous des nuages libérant ça et là des éclairs.

Samedi 5
Le vent est légèrement tombé et a tourné vers le Nord, cela ne nous arrange pas mais ce n’est pas handicapant non plus. Un petit test moteur nous fait ouvrir le capot et resserrer les injecteurs, on rallume et… ouf le bruit qui nous avait inquiété a disparu!
On referme et on renvoie le spi! Comment ça on se répète ? Effectivement cette journée ressemble à la précédente, néanmoins c’est agréable. Code Rouge file à 6 nœuds vers le Sud, on croise les doigts pour un pot au noir étroit!
Le soir Nicolas se lance avec brio dans la confection d’un pain, cuisson à la cocotte puis poêlé pour faire une croûte. C’est tellement réussi qu’il va prendre la confiance et dans la foulée, tenter le gâteau au chocolat, nous avons trouvé notre boulanger pâtissier!

Dimanche 6
Ca y est cela commence! Au premier changement de quart le matin, le vent forcit d’un coup et la pluie tombe en trombe.
C’est les grains du pot au noir! Nous y sommes.
Quentin Guillaume et moi, nous commençons donc la journée par une bonne douche, le bateau comme trois de ses occupants retrouvent un aspect plus présentable. La journée s’écoulera en alternant les douches et les bains de soleil, parfois au moteur, parfois à la voile. On fait une lessive, on étend, cela sèche puis on se fait surprendre, c’est de nouveau trempé… Il y a une fuite au pied de mât, les savons entreposés à cette endroit ont pris l’eau, ainsi que leurs voisines les lentilles… au menu ce soir, petit salé aux lentilles! On se régale et en plus il y en aura pour demain. La nuit se passe calmement au moteur.

Lundi 7
Vers 9h sur mon quart, on retouche du vent. Le génois monte, et en-avant, Code Rouge prend sa gîte et descend au sud à 4 nœuds. (Plus ou moins 8 km/h, on irait plus vite en courant mais on manque de foi). Au bout de 2h, un nuage s’approche, je demande à prendre un ris et on fait bien car 5′ plus tard le vent monte sous le nuage à 20-25 nœuds avec bien sûr une pluie bien fournie. Cela est de courte durée mais on fait bien de rester vigilant! 
La journée s’écoule doucement, les menus dictés par la conservation des aliments. Un de nos sac à patates subit l’attaque de la moisissure ? Bim, c’est l’occasion d’essayer une tartiflette dans la cocotte! 
Pour varier, on change d’heure et on inverse nos quarts, d’un coup c’est dur à suivre! La nuit commence par deux heures de douche au moteur pour Hubert et finit par Guillaume faisant du près vers le sud-est.

Mardi 8
Hier, on a installé la gopro pour prendre une timelapse de notre journée, on verra ce que cela donne! 
La météo est toujours très changeante, mais le modèle européen nous prévoit l’enfer un pot au noir qui se déplacerait avec nous jusqu’à dimanche prochain… les météorologues américains sont plus optimistes, pour eux jeudi midi nous sommes tirés d’affaires. Nous sommes rentrés dans la Zone de Convergence Inter-Tropicale dimanche matin à la latitude 12°15.4N, nous sommes maintenant 180 miles plus au sud, et ce serait la moitié ? En fait il y a une dépression tropicale en formation dans notre Nord Est, et cela crée un appel d’air élargissant le pot au noir. Quand en verrons nous le bout?
On envoie le spi pour profiter d’un flux propulsant Code Rouge à la folle vitesse de 3 nœuds. On affale pour éviter un nuage et on renvoie pour s’occuper. Nous subissons encore une fois un coucher de soleil assez incroyable, les différentes strates et typologies de nuages donnent un relief et des couleurs à vous faire regretter Instagram et un bon #sunset.

Mercredi 9
Nous passons une nuit motorisée à 3 noeuds, rien à signaler à part la chaleur. Mais ce n’est rien en comparaison de la journée… Dès 9h il fait déjà chaud, allongé dans la bateau, vous êtes moite, collé au matelas. Dehors si vous êtes chanceux il y a un coin d’ombre sinon c’est le soleil qui tombe vertical implacable. Bien sûr il n’y a pas de vent, nous avons essayé le génois le spi mais rien ne remplace la fée diesel.
Quentin s’est à son tour essayé avec succès à la confection de pain! Le soir nous dînons d’une soupe et de tartines de terrines de sanglier. On se régale et on regrette l’absence de vin rouge, il faudra penser à remercier Alain qui nous a donnés trois pots de terrines fait maison.
Le soir, nous avons 10 noeuds de Sud Est, nous avançons au près. Prudence nous pousse à prendre un ris et changer pour notre petit génois. Si ce choix est raisonnable sur les premiers quarts, le vent est mollissant et la fin de nuit lente.

Jeudi 10
Au matin nous avançons sous voile, quand Guillaume aperçoit une trombe en formation sous le vent. Elle monte vers nous et grossit. Vite on affale le génois, la grand-voile, on sécurise le tout, le moteur tourne, on est paré! La trombe, elle s’estompe tranquillement, sous le vent sans nous toucher. Tout ça pour ça…
On repart sous voile, cap au Sud. Sortira t on aujourd’hui du pot au noir?
En tout cas, cela fait une semaine que nous sommes partis. Je crois que c’est une première pour nous tous. Cette vie en communauté est exigeante, 4 dans moins de 24m²… mais riche d’enseignement. Saviez qu’il ne faut pas mouiller sa brosse à dent avant le brossage? Personnellement, je l’ignorai.
On alterne entre le génois dès qu’on peut et le moteur lorsque c’est nécessaire… d’ailleurs on finit le premier de nos réservoirs ! Nous avions en Méditerranée fait nos calculs de consommation et de distance parcourue, on les valide, c’est rassurant. On se rassure aussi sur notre autonomie en diesel embarqué.il nous reste de quoi faire 320 miles (environ 600km) largement de quoi sortir du pot au noir, en théorie. 
Dans l’après-midi, le vent monte nous passons au près avec le petit génois et notre grand grand-voile au 3ème ris, le bateau remonte doucement mais nous sommes à plat.

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Chapitre I

  • Achat du bateau

Ca fait un bout de temps qu’on en parle, depuis 2014 à Paris. Dans un groupe d’amis de Parisiens, on est 3 à aimer la voile. Hubert, Burger et moi. Burger vient de se faire virer, moi je prendrais bien l’air, mais pour Hubert ce n’est pas le moment. Juillet 2018, mariage d’amis, on en reparle, Hubert est chaud, alors moi aussi. Burger est devenu papa, alors bon, pour lui c’est terminé. 

Hubert est très très chaud, c’est l’élément moteur. En Août déjà il a repéré des voiliers et commencé des visites en Bretagne. En septembre on construit un tableau excel (Hubert est très trés tableau excel) et on se donne rendez-vous tous les mardis en visioconférence (avec Burger qui nous aide à chercher, ca fait plaisir, et un quatrième, Buchette qui aime nous regarder débattre). On cherche un voilier type grand voyage car on rêve d’un grand voyage, mais on ratisse large. Ma première tournée commence par un voilier un peu cher, pas en alu, pas équipé grand voyage et construction amateur, tout ce qu’on ne veut pas. Mais il est beau et racé. Moi la vitesse ne me paraît pas être primordiale contrairement à Hubert, mais le vendeur est à Port Saint Louis du Rhône (PSL pour la suite) place forte du voilier d’occasion. Direct, il fait envie, il est rouge avec un pont blanc, la peinture est neuve, les formes sont superbes, l’intérieur spartiate mais accueillant. Le vendeur nous vante ses qualités de construction et d’entretien. Je suis conquis. Hubert va le visiter, on est conquis. Il reste cher, on négocie, le prix devient acceptable. Accord de principe, expertise, virement. C’est dans la boîte. On est drôlement content, et beaucoup moins riche. Mais il faut un nom. On n’a pas d’inspiration. On veut un truc en rouge. Je m’oppose à “Rackham le rouge”, car l’idée d’imaginer Pujadas annoncer que “le voilier Rackham s’est fait attaqué par des pirates” au JT me fait honte. J’avais Ravanel le rouge, l’alpiniste, mais ca ne parle qu’à moi. Alors début novembre c’est un peu la panique au moment de signer les papiers, et on tranche: ça sera “Code Rouge”. Ça y est, on est propriétaire. 

“Les deux plus beau jour d’un propriétaire de bateau, c’est le jour de l’achat et celui de la revente” 

  • Préparation

Le bateau est prêt å naviguer, on se programme une semaine de vacances début décembre. Yogi l’ancien propriétaire est d’accord pour venir une journée. C’est sympa, et ça nous rassure aussi: ça prouve qu’il n’a rien à cacher et qu’il aime son bateau. Entre temps on cherche parmis nos amis deux coéquipiers pour nous accompagner sur le grand voyage. Ca ne court pas les rues, mais Guillaume, le frère de Hubert est motivé bien que n’ayant presque jamais navigué. Ce sera notre benjamin avec ses 26 ans, car le dernier c’est Quentin, pote de promo d’Hubert, trentenaire aussi donc. Il a les cheuveux long et nous met une bonne tête, le bateau est bas de plafond mais il fera avec. La croisière commence donc à merveille avec un super bord sous spi à 9 noeuds. On pose Yogi chez lui à La Ciotat après une autre journée ensemble pendant laquelle il a prit le temps de nous montrer ses photos de jeunesse Allemande rock and roll des années 80. La cinquantaine, un accent allemand et 10 vies en une, il est attachant et sacrément expérimenté, ca nous rassure bien. Mais sans lui les emmerdes commencent. Les ballastes ne marche déjà plus alors que la veille on a eu aucun souci avec lui. Sur une prise de ris on met un coup de moteur, et hop! on coince une drisse dans l’hélice. Rien de cassé mais une belle frayeur de tout arracher.

On pose le bateau à Gruissan. On se fait des we travaux avec Hubert, mais c’est l’hiver et on veut aussi profiter de la neige. D’ailleurs Hubert s’est acheté des skis de rando, et on se dit qu’on pourrait les prendre car on prévoit de passer en Patagonie l’été prochain. On y croyait encore, naïfs et pleins d’espoirs. Il y a pas grand chose à faire : ça n’avance pas vite. En même temps sur un we on a pas beaucoup de temps et à Gruissan il y a toujours trop de vent (même couper une planche devient une mission), ouais et puis aussi on n’y connait rien. En fait on n’a jamais bricolé sur des voiliers et d’ailleurs pas beaucoup de façon générale.

L’assureur que l’on trouve nous demande de changer le gréement si on veut du tout risque. Ca peut valoir la peine, allez !! on sera plus serein. Le devis le moins cher c’est Benoit a PSL qu’on avait déjà rencontré, alors c’est parti pour le changement de gréément. Début Avril c’est la fin du boulot et on amène le bateau chez Benoit.

Faut s’imaginer PSL: des usines désaffectées partout, la camargue, des port hors d’eau avec des bateau hors d’âge. Nous on sera sur le quai de Benoît, dans la zone industrielle, au milieu des pêcheurs. Le gréement a un peu de retard, un mois. Et puis quand il arrive, il n’est pas à  la bonne dimension, et il nous faut le renvoyer. Mais il revient enfin et on le monte sur le mât grâce à une grue vieillissante (archaïque?), et en vissant on réalise que c’est toujours pas bon. Voila. Et cette petite danse 3 fois…

On arrive mi juin. C’est bien on a eu le temps de bricoler, de faire des conneries, de les réparer, et de se rendre compte que tout ça prenait plus de temps qu’on avait pu l’imaginer. Ne pas naviguer à PSL, à 4, dans 10 m², avec les moustiques, les arabies (c’est des moucherons qui mordent)… c’est pas facile tous les jours (quelques prises de tête pour s’apprivoiser et décider du trajet) Mais on s’est fait des bons amis, des bonnes virées festives à Marseille et Montpellier et du Kite. La-dessus Quentin et Hubert ils touchent (quand on y connait rien ca impressionne du moins), moi je m’y suis mis (ca veut surtout dire que je me suis ruiné en matos, entre ça et les achats pour le voilier, jamais l’alpinisme ne m’a parut un sport si bon marché). Guillaume lui s’est mis au basket (il était déjà un spectateur assidu) et il nous garantit qu’un jour il dunkera sur le cerceau au milieu de l’usine désaffecté voisine (on attend toujours mais on n’est pas pressé).

La grand voile arrive enfin (3 mois de retard, et ca fait 2 mois qu’elle doit arriver “en fin de semaine”) avec un lot de stress pour la dimension forcément, mais c’est bon et elle est superbe. C’est un beau cadeau de la mère de Guillaume et Hubert. L’ancienne était très abimée et comme le mât avait été raccourci (il y a longtemps par Yogi), elle avait en permanence un ris de pris et il nous en restait deux disponibles, c’était limite après 30 noeud établi (testé en décembre). 

  • Départ – Gibraltar (1er juillet 15 juillet)

J’appelle Blond, un ami qui veux faire les 2 premières semaines avec nous: “Dis à ton patron que ce coup-ci tu ne vas pas repousser tes vacances, on est prêt, départ le we du 29/30 juin”.

Xavier, le père d’Hubert et Guillaume nous accompagne aussi pour la traversée aux Baléares. 

Samedi après midi, on sort avec Benoit pour tester la voile, on le pose en ville, c’est la teuf a PSL (l’été a l’air plus fun que le printemps), pizza bière et on y va. Sur le quai désert de la zone industrielle (où l’on passé reposer un ami) Quentin se lance dans un discours qui promettait d’être émouvant “De par ces amarres que simplement nous lâchons, pour bien longtemps c’est la France que nous quittons. Et je voudrais vous dire …” (j’ai mis des alexandrins pour la forme) Mais tout le monde est à la manoeuvre, pas le temps de s’émouvoir, c’est parti. 

Départ de nuit, cap à l’est suivant le GPS pour sortir de la baie. Il devrait y avoir une bouée devant sur tribord, mais a force de la chercher on la trouve sur bâbord. Les cartes GPS ont 20 ans, ont a failli se payer le banc de sable de PSL… Le dimanche on est donc en mer, pas trop de vent, mais plein de poissons, thons ou bonite qui suivent et bondissent autour du bateau. On a acheté du super matos de pêche à un ami d’hubert (je vous dis pas le prix, c’est indécent), alors c’est parti ! Non rien, absolument rien (et depuis toujours rien à part un micro poisson au mouillage à la ligne dans une réserve naturelle). Par contre on a le droit au plaisir des yeux, dauphin à l’étrave et balène qui viennent souffler tout proche de nous. On test aussi le wakeboard avec une planche de kite, ca marche un peu avec le moteur est a fond.

Arrivée à Mahon mardi midi. On n’a pas battu de record de vitesse, mais on n’a pas pas eu beaucoup de vent. La soirée commence par l’éternel débat du “on va ou après et quand ?”. Hubert et moi on veut se plutôt se dépêcher (pour arriver loin rapidement, on a assez perdu de temps), Quentin ne veut pas sacrifier les belles choses à voir et faire. On trouve un compromis en partant le lendemain pour Ibiza (après le départ matinal de Xavier qui nous quitte pour l’aéroport) On arrive sur un joli mouillage à l’est d’Ibiza vendredi à 3h du matin. Puis on part pour Santa Eualia, jolie petite marina à 170€ la nuit (pour comparaison Las Palmas c’est 10€). Ensuite c’est vraiment pas fou, mais bon on fait la fête quand même (à ce prix la faut profiter). Le lendemain c’est Formentera, mouillage immense, avec des bateau immense, et une plage immense. On arrive trop tard pour le kite. Baignade, footing, restau. Hubert et moi on n’est pas rassuré de laisser le bateau trop longtemps hors de vue avec le vent. On laisse Guillaume et Quentin qu’on récupère en pleine forme le lendemain au petit matin. Départ sous petit vent le long des falaises direction Malaga (sur la route de Gibraltar). Le jour d’après, on mange du prés, le bateau tape et gite, ca fatigue. Une douleur se réveille dans le pied de Guillaume (les heures de skateboard ? les entraînements de basket ? la danse en plein désert ?). On se fait une pause à Carthagène mais le médecin n’a pas de remède miracle. Sinon la ville est sympa et cet arrêt nous fait du bien. On repart le lendemain direction Malaga où Blond à son vol. Nav au portant bien tranquille, un peu de spi, il fait chaud, pas mal de baignade. Blond impose sa nudité, qui fait des émules. Malaga, jolie ville, deux nuits au port et une au mouillage, Quentin y retrouve une amie, et on repart direction Gibraltar. La nav de nuit sous le fameux rocher est surprenante de vent irréguliers au milieu des cargos. On se fait surprendre une fois, on réduit, on laisse Hubert à son quart. Contre vent et courants, ça remonte mal, par gentillesse il se refuse à nous faire partager la déprime et barre seul toute la fin de nuit avec des bords carré (200 mètres en 2 heures). On se réveille du bon côté du rocher. Première journée côté Anglais, petit déjeuner anglais, visite du caillou et on découvre qu’il y a plein de singes (enfin tout le monde le sait qu’il y a des singe à Gibraltar sauf nous).

  • Gibraltar – Las Palmas 

On déplace le bateau côté espagnol. Quelques bricolages et provisions, une amie de PSL nous rejoint pour deux semaines. Et départ direction ..? Encore le même débat. Le compromis c’est 2 semaines au Maroc, Quentin a des amis en vacances à Essaouira, et après on sacrifiera les Canaries en ne s’y arrêtant le moins possible pour profiter du Cap Vert. Première escale à Rabat, ou l’arrivée sur la rivière au pied de la citadelle, des centaines de gens sur terre et dans l’eau, nous fait grande impression d’accueil. L’impression n’est pas renouvelée aux douanes qui nous saisissent le drone, c’était prévu mais on a toujours une appréhension sur sa récupération. Ici pas de grande soirée car pas tellement de bière, mais les deux villes de Rabat et Salé sont bien sympa et on fait comme tout le monde, c’est à dire acheter des trucs. Du textile en majorité, 7 chemises à 7 euros pour Quentin, Hubert et moi on achète des Djelaba (moi 4 fois plus cher et au vu de son utilisation c’est pas l’affaire du siècle). Hammam massant (enfin, “massant”, disons “rapant”, c’est traditionnel mais ca fait mal). Un peu de surf (mais c’est pas encore fameux cette histoire). On rencontre deux bateaux de famille française sympa qui naviguent avec leurs enfants. Nous embarquons le père d’une des familles, Audran, pour Agadir car il a envie de naviguer et son voilier reste à quai encore un bout de temps (ils sont installé et travaillent quelques mois au Maroc). Oui Agadir car en fait Essaouira c’est paraît-il trop compliqué de mouiller (et pas de port). De là après un peu de bricolage, on rencontre Henry Dan, le gars doit avoir 70 ans, a un bateau de régate hallucinant qui manipule seul avec des pointe a 30 noeud, grimpe beaucoup, est ancien pilote de formule 2 professionnel, fan de moto … Bref la fureur de vivre ! Bon nous on loue notre petite logan, on y entasse le matos de kite et direction Essaouira le paradis du kite. Bon en fait il y a plein de grosses vagues, donc pour ma part c’est plutôt difficile comme paradis. Coté vent on ne s’est pas moqué de nous, ca souffle, effectivement le mouillage c’était pas gagné. Guillaume lui c’est plutôt surf. Notre amie repart en Suisse, Hubert et moi on va se balader dans l’Atlas, Guillaume rentre se poser à Agadir et Quentin rester kiter avec ses amis. Que c’est bon la montagne, fatiguer simplement en se faisant mal aux jambes. La première montée en plein cagnard après des heures de stop est faite trop rapidement (j’avais les crocs perso, comprenez, un printemps d’alpi sacrifié à attendre un gréement). On dort dans le froid (le tapis de sol d’hubert se crève..), puis le matin on est seul sur des crêtes facile, le kiff. On se retrouve tous les 4 à Agadir, départ pour les Canaries. 

Ca commence sans vent et avec plein de houle, pas l’idéal pour mon estomac après 2 semaines de pause. On arrive à Lobos, on y retrouve l’autre famille rencontré à Rabat, Nolwenn, Allan et leur petite fille, soirée super sur leur bateau qui fait la même taille que le nôtre mais semble 3 fois plus spacieux à l’intérieur (les architectes ont fait des progrès on va dire). Petite visite de l’île volcanique très touristique. Tentative de kite depuis le bateau pour Quentin et Hubert (manip complexe jamais testée), mais le vent se fait la malle alors nous aussi, direction Las Palmas en une superbe nav à 8 noeuds qui nous fait arrivée au petit matin blême. 

C’est la place forte des départs de transat, alors il y a plein de shipchandlers, et comme au cap vert il n’y a pas grand chose, ca va bricoler. L’idée c’est de partir après une semaine. Ca commence par des travaux sous la coque, nettoyage, recoller un joint, changer un anode, réparer une accro sur le safran… Puis les poches à eau ajoutées à PSL qui fuient, ok. Et puis la centrale de nav qui nous indiquent plus ni vitesse (pas trop grave et pas réparable) ni profondeur (plus gênant, mais un électronicien nous trouve la solution en 2 minutes). Ca avance pas mal, mais il reste le pilote. Quoi le pilote ? Ha oui c’est vrai que dans la dernière nav il n’a pas marché. C’est surement un petit souci… En parallèle on rencontre Julien, un jeune sur un vieux bateau en acier qui transpire la bricole et la débrouille (par exemple, les filières sont des chaînes de mouillages soudées). Avec ses amis (absents en ce moment) ils font des spectacles aux escales, les gentils hommes et mesdames de fortune. On rencontre aussi Manu Common et sa femme. Retraité heureux sur un catamaran dont l’immense carré extérieur est idéal pour des apéritifs qui se prolongent. Manu nous conseille de changer l’huile du vérin du pilote. C’est pas facile, ça nous prends deja 2 jours. Ca ne marche pas plus. On trouve un spécialiste allemand (ici aussi en vacances et qui arrondit ses fins de mois à 40 euros de l’heure). Il nous annonce que la bobine (électrovanne) qui contrôle l’entrée de l’huile dans le vérin est morte. (si les explication technique vous barbent, veuillez vous rendre directement au chapitre suivant). On fait 10 magasins, rien. Un shipchandler nous trouve la bobine en Angleterre, mais beaucoup de délais et 300e. L’allemand nous conseille de mettre une autre bobine un peu différente “aber es ist gut”. C’est beaucoup moins cher et dispo, on tente. Petit tour en mer pour tester et recalibrer le pilote. Ca marche à l’envers. Retour au port, on inverse les polarités, rien. L’allemand revient, et là, plus rien ne marche. A priori c’est le calculateur (sorte d’ordinateur) du pilote qui est en cause. Les spécialiste du coin (le même qui nous avait sauvé la centrale en 2 minutes) nous informe qu’il ne peut rien faire. Le fabricant B&G nous renvoie vers une boite française à Saint Michel Chef Chef (SMCC dans la suite du récit, on n’est pas payé à la ligne). C’est soit leur envoyer le calculateur, soit un neuf a 3000e. L’autre possibilité c’est d’en faire un nous même à partir d’un ordinateur miniature (un Raspberry), des composants électriques divers et un programme informatique dispo en ligne. Cette piste est menée de front de celle de SMCC. On envoi le calculateur a ces derniers. En attendant leur réponse, on galère sur l’électronique. Quentin attaque le sujet à bras le corps mais c’est plus compliqué que ça en avait l’air. En particulier il faut des composants qu’on ne trouve pas ici (le contrôleur du moteur surtout). SMCC nous informe que c’est 500e et une semaine de délais (transport postale). On choisit de se le faire envoyer au cap vert ainsi que le contrôleur pour la piste DIY, et de partir au plus tôt.

Las Palmas – Cap Vert

Enfin le départ le jeudi 5 septembre après 26 jours au port, on est bien content de partir. Météo parfaite, ca souffle entre 10 et 20 nds pile dans la bonne direction. Forcément, on n’a pas de pilote, alors on barre. Quart de 2h avec un quart commun entre midi et 14h pour que chaque jour on change de créneaux horaires. Le routage nous fait faire 2 grands bords au largue avec un empennage vers Dakhla au Maroc. Beaucoup de spi asymétrique, et de temps en temps on le met en symétrique avec le tangon. Là quelques beaux cocotier pas facile à démêler, puis avec un exercice d’homme à la mer (après révision des glénans) qui finit presque en catastrophe pour notre pauvre spi. On y perd une écoute (avec son joli et cher mousqueton d’attache rapide). Sans pilote, on ne peut plus bouquiner la nuit, c’est donc des podcasts et des livres audio qui nous accompagnent. En passant près du maroc, on est entouré de bateau de pêche, on croit en notre ligne, et là ! une prise enfin ! On l’épuise, on remonte la ligne, ca force, on le voit, c’est un beau thon, il est juste au pied du bateau !! Et hop disparu… Ca n’a pas cassé, on est juste tombé sur un malin. Mais le lendemain matin, Quentin est à la barre quand je remarque derrière un poisson qui traîne à moitié mort sur la ligne à maquereaux. Première prise, très bon mais comme on n’y connait rien, on ne sait pas ce que l’on mange. Espérant qu’il soit le premier d’une longue lignée, Hubert demande à le nommer Clovis. Le même jour on remonte Pépin de Bref et Charlemagne (ce dernier sur la canne a 400e, enfin utile), Hubert a surement raccourci l’histoire de France, mais aucun de nous n’a su combler les trous. La chaleur est écrasante, nos Djellabas sont bien utiles pour les quarts de mi journée. Une nuit en voulant vider les ballasts, impossible de démarrer le moteur. Le lendemain on ouvre et on voit de l’eau de mer qui sort du filtre a air. Pas bon signe. On se dit même qu’il est mort, c’est la déprime. Le professeur de mécanique de Quentin (contacté par iridium) nous conseille de mettre de l’huile dans les injecteur pour éviter la rouille, et nous redonne espoir.

Arrivée à Mindelo le mercredi 11 à 9h sous voile après 6 jours. Manoeuvre de port folklorique aidé par les zodiacs de la marina. Enfin on est arrivé c’est principal. Au travail !

Pas de nouvelle du pilote, on commence par le moteur. On vide bien l’eau, on nettoie au maximum l’intérieur par les injecteurs, on teste et Ô miracle, ça marche. Par contre on ne connaît pas la raison de l’entrée d’eau. Alors on met un clapet sur l’échappement, une vanne quart de tour sur l’entrée, et on achète un anti siphon mais on ne trouve pas le bon tuyau. Ce dernier attendra le brésil. 

On rencontre Benoît sur un catamaran qui repart vers le Sénégal où il passe des mois dans les milliers de kilomètres de méandre de rivières qui ont l’air magnifique. Michel sur un petit voilier alu qui vient pour la deuxième fois et qui joue de malchance entre équipiers et santé.

Coté pilote, c’est ubuesque, on apprend qu’il est reparti en France. En discutant sur les pontons on apprend qu’ici c’est compliqué, très compliqué. Un retraité Suisse sur son vieux bateau en ferrociment nous explique qu’il a mis 6 semaines pour faire venir des joints de Praia (la capitale du cap vert, sur une autre île) à Mindelo. On se dit qu’en attendant on peut aller se balader à San Antao, l’île voisine qui est parait-il magnifique. Sur place on apporte des médicaments donné par Benoit pour un français de 23 ans vit sur place depuis 3 mois, Lilian vit et voyage sans argent depuis 3 ans, depuis sa renaissance à la vie. Bref un sacré personnage très intéressant et qui connaît parfaitement l’île. Il nous offre des conseils et nous passons 5 jours superbes sur cette île très verte et très montagneuse, avec des chemins pavé large de 2m qui serpentent dans les falaises. De retour à Mindelo on est content de retrouver le bateau intact, on l’avait laissé au mouillage (car gratuit), c’est une première toujours stressante.

C’est donc reparti à la poursuite du pilote. UPS ne réponds pas, la poste ne sait rien, c’est une entreprise de transport local, dont l’un des employé, Paulo nous vient en aide. On fait avec lui le tour de la ville, il passe beaucoup de coup de fils et enfin, on reçoit le colis par avion, dans deux sac plastique. Le lendemain on monte donc le calculateur, suspens, et … rien. Dépression. On bidouille des fils, et là ca marche un peu, on est revenu à la panne de las palmas… Dépression. En même temps on test le moteur car sur le retour du mouillage il a fait un drôle de bruit. Une grosse fuite d’air au niveau d’un injecteur, un joint de mort, impossible a trouver ici … Dépression. Mais on re bidouille encore le pilote, et la ca marche !! Victoire ! On bricole un joint avec un caoutchouc qui nous a donné Michel, ca marche !! Victoire. On fait un tour en mer pour tout calibrer, ca marche !! Victoire ! On va pouvoir partir enfin ! Quelques courses et c’est bon. On remarque que la coque est couverte de coquillage alors qu’on avait tout nettoyé durant des heures à Las palmas. Il faudra refaire l’antifouling au Brésil. La météo est correcte, ca va pas être violent et on risque de faire beaucoup de moteur. Ce soir un apéro avec les amis du port, dont Alain un voisin retraité (il n’y a que ca en mer) avec 4 demoiselles de son âge (l’une est quand même sa femme) et le voisin italien gérant de boîte de nuit à Ibiza, qui forcément aime la fête. Demain le match de rugby (France – USA) à 7 h, et hop le grand saut.

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Première étape

Ce premier billet fut écrit lors de la nuit du 16/07, les dates ne correspondent donc plus tout à fait.

Demain nous devrions arriver a Gibraltar ! Et vendredi nous pourrions profiter d’une fenêtre favorable pour quitter la Méditerranée et rentrer dans un nouveau chapitre l’Atlantique !


Cet épisode méditerranéen fut riche en frustration, chantiers et découvertes
D’abord la préparation du bateau fut digne d’une mauvaise sitcom… Par sécurité, nous avions pris la décision de changer les haubans  (les câbles métalliques qui mettent le mât en compression pour le maintenir en place). 3 fois nous avons reçu les haubans et 3 fois ceux ci se sont révélés trop long! Comptez deux semaines de délai entre chaque livraison et vous comprendrez notre frustration ! Qu’on ne vienne plus me parler de comique de répétition !


Néanmoins ce temps nous a permis de mettre a nu le reste du bateau, de procéder a une révision complète du moteur, de l’électronique de puissance, de l’accastillage et de passer une formation sécurité et premier secours en mer! Nous avons aussi installé une éolienne une hydrolienne et des panneaux solaires afin d’être autonome en électricité! Nous fûmes tour a tour mécaniciens, menuisiers, électriciens, couturiers ou même soudeurs! Forcément avec beaucoup moins de réussite et plus de lenteur que des professionnels mais nous avons appris en faisant et le résultat obtenu est vraiment gratifiant !


Puis samedi 29 juin nous avons quitté les douces rives françaises en direction des baléares ! Adieu Port Saint-Louis du Rhône, ses arabis, ses moustiques ses spots de kite ses friches industrielles et notre quai entre les pêcheurs ! Après 15 jours de navigation ponctuée par quelques arrets, nous voilà aux colonnes d’Hercule !  Nous avons decouvert la capacité des bandes de thons à nager autour du bateau sans se prendre dans une de nos lignes de pêche! Nous avons aussi croisé des baleines et des dauphins qui joueurs ont accompagné notre étrave pendant quelques heures!En ce début d’été caniculaire, nous avons plus souffert de la chaleur et de l’absence de vent (au moment ou j’écris ces lignes, nous avons pour la 3 fois seulement un vent supérieur a 20noeuds). Notre moyenne s’est révélée bien plus faible de ce fait, mais c’est ainsi, la mer et le vent nous dictent leurs conditions!


J’arrête la ce billet déjà long (surtout je sors de quart alors rideau bonjour Morphée). Pour nous suivre, vous avez la carte dynamique sur coderouge.ovh, pour plus de visuel, rendez vous sur notre compte instagram #117coderouge, pour les photos, rendez vous sur notre album google : https://photos.app.goo.gl/4yfndXamgpZdXs1r5.
Je vais essayer de publier un fois par semaine mais rien de garanti!

Bonne nuit à tous,
Hubert